Sadio Mané investit 11,7 milliards dans l’agro-industrie : Une leçon de patriotisme économique pour nos stars du ballon rond !

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Alors que l’international sénégalais Sadio Mané vient de poser la première pierre d’un complexe agro-industriel de 11,7 milliards de F CFA dans son village natal, le modèle interpelle directement les stars du football camerounais. Et si nos Lions Indomptables emboîtaient le pas pour investir durablement au pays ?

Une image forte en symboles s’est dessinée ce samedi 19 septembre 2026 à Bambali, dans la région de Sédhiou, au sud du Sénégal. Loin des projecteurs des grands stades européens et saoudiens, Sadio Mané y a posé la première pierre de « SM10 Agro », un projet agro-industriel colossal évalué à 11,7 milliards de francs CFA. S’étendant sur 500 hectares au cœur de la filière mangue, ce complexe ambitionne de traiter 8 500 tonnes de fruits par an, tout en générant plus de 1 000 emplois directs dès son démarrage (et jusqu’à 2 500 à terme).

Une initiative saluée au plus haut sommet de l’État sénégalais, en présence du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, et du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop. L’objectif est limpide : mettre fin à la perte de 30 à 40 % des récoltes locales en transformant la matière première sur place (purée, beurre de mangue, fruits séchés) pour exporter de la valeur ajoutée plutôt que des produits bruts.

Le miroir sénégalais face aux talents camerounais

Au-delà de la prouesse économique et sociale au Sénégal, l’initiative de Sadio Mané résonne comme un puissant signal à travers tout le continent, et tout particulièrement au Cameroun. Notre pays regorge de légendes du ballon rond et d’internationaux évoluant dans les championnats les plus lucrativement dotés de la planète. Pourtant, la question demeure : quelle empreinte économique nos « Lions Indomptables » laisseront-ils au pays à l’heure de leur retraite sportive ?

Certes, le mécénat individuel, les actions caritatives et le soutien aux familles sont réguliers et louables. Mais l’Afrique centrale, et le Cameroun en premier lieu, a aujourd’hui un besoin impérieux d’investissements productifs et structurants. De la Sanaga au Nkam, du Moungo au Mbalmayo, les bassins agricoles camerounais regorgent de richesses végétales (ananas, bananes, cacao, manioc, maïs) qui subissent, elles aussi, de lourdes pertes post-récoltes faute d’unités de transformation moderne.

De l’assistanat à la création de richesse

Le modèle « SM10 Agro » prouve que les footballeurs africains ont le pouvoir financier, la notoriété et la capacité d’entraînement pour devenir de véritables capitaines d’industrie. En s’associant à des agences d’accompagnement et aux pouvoirs publics à l’instar du partenariat entre Sadio Mané et l’APIX au Sénégal, les sportifs camerounais peuvent bénéficier de cadres incitatifs pour bâtir des entreprises pérennes.

Interpeller nos stars du football n’est ni un reproche, ni une injonction, mais une invitation à un changement de paradigme. Investir dans des complexes agro-industriels, des centres logistiques ou des fermes mécanisées au Cameroun, c’est offrir à nos jeunes des emplois stables, fixer les populations locales et participer concrètement à l’effort de souveraineté alimentaire prôné par les autorités publiques.

Alors que le projet de Bambali jette les bases d’un écosystème alliant agriculture, industrie et formation, le Cameroun attend lui aussi ses champions du développement économique. Les opportunités sont là, les terres sont fertiles, et le marché est immense. Aux Lions Indomptables de transformer l’essai hors des terrains !

Johan Adoumou (Glob’Media)

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