Chaque 20 octobre, le monde célèbre la Journée Internationale des Chefs Cuisiniers. Au Cameroun, c’est sous le thème « Hôtellerie et restauration : un maillon indispensable de l’émergence et de l’entrepreneuriat » que la fête a été marquée à Douala, à l’école des hôteliers IPH.
Longtemps perçus comme de simples activités de service, l’hôtellerie et la restauration s’imposent aujourd’hui comme des leviers majeurs de l’émergence économique du Cameroun. Créateurs d’emplois, de richesses et de vocations entrepreneuriales, ces deux secteurs sont au cœur du développement. À Douala, plus précisément à l’école des hôteliers IPH, les étudiants, anciens étudiants, encadreurs et chefs d’établissements ont mis les petits plats dans les grands pour rendre cette journée mémorable. Avec un seul objectif : prouver qu’au Cameroun, l’hôtellerie et la restauration ne sont pas un sous-métier, mais bien des piliers incontournables de l’économie nationale.
C’est la raison pour laquelle Maître Etienne Arnaud Kueta Tchinda, Président fondateur des Hôteliers Professionnels de Douala, du Cameroun, du Canada et des USA, a souhaité rendre un vibrant hommage aux passionnés du métier à travers des activités bénévoles.
Pourquoi cette mobilisation ? Il nous livre sa motivation : « J’ai décidé de partager en cette fête non seulement mon expérience avec mes cadets qui sont encore embryonnaires. Au vu des sondages, nous avons constaté que l’amour du métier de la restauration, de la cuisine en particulier, est un peu en berne dans le monde et dans notre pays. Il n’y a plus cette acceptation de cœur. Beaucoup viennent par aventure et désertent en milieu de carrière. Je me suis dit qu’il fallait aller à la source même, donner le bien-fondé de la gastronomie et parler de la vraie vocation du cuisinier et de son rôle fondamental. Ainsi, ils pourront mieux s’outiller et connaître leurs devoirs. »
Même son de cloche chez une jeune apprenante rencontrée sur place, qui a choisi l’hôtellerie par passion mais qui déplore le manque de sérieux de certains confrères qui abandonnent en cours de route. Elle garde cependant l’espoir d’un avenir meilleur.
Transmettre, sa priorité : « Voilà pourquoi j’ai personnellement décidé de partager cette expérience avec eux. Pour moi, c’est un événement très capital. Nous n’avons pas voulu faire comme les autres, passer cette célébration autour d’un pot, mais marquer d’une pierre blanche en posant un acte indélébile qui pourrait apporter une fière allure à la restauration. »

L’appel à l’entrepreneuriat : Pour Maître Kueta Tchinda, les acteurs du domaine doivent oser entreprendre pour ne pas se faire ravir la vedette. « Ceux qui viennent investir dans l’hôtellerie et la restauration ne sont malheureusement pas des acteurs de la gastronomie. Mon vœu le plus cher est que les concernés prennent eux aussi des risques en portant des projets mûrs pour donner plus de crédibilité à leur travail. Figurez-vous que dans notre pays, 90% des propriétaires de restaurants sont des hommes d’affaires ou des personnes ayant une autre formation. Les acteurs même de ce métier préfèrent être employés que promoteurs. C’est à cette jeunesse de reprendre les choses en main. »
Pour mémoire, l’hôtellerie et la restauration sont un véritable vivier pour l’entrepreneuriat. Avec un petit capital, un jeune peut lancer son fast-food, son service traiteur ou son gîte. C’est l’école de l’entrepreneuriat par excellence.
Un métier qui nourrit son homme : « Si le métier de chef cuisinier ne nourrissait pas son homme, les écoles de cuisine ne seraient pas inondées. La restauration est un métier noble. Aujourd’hui, il faut un certain niveau pour appréhender ses bases, car la technologie est avancée. Un chef de cuisine est d’abord un cadre. Dans les pays développés, un chef est respecté. Chez nous, il y a encore du chemin à faire. »
Il est donc urgent que l’État, les collectivités et les partenaires privés investissent davantage dans la formation, la structuration et le financement de ce secteur. Car soutenir l’hôtellerie et la restauration, c’est soutenir l’émergence du Cameroun.
La caravane, qui a débuté il y a une semaine dans différentes villes du Cameroun, s’achèvera ce samedi dans les orphelinats de Douala, où les chefs cuisiniers, sous la houlette de leur président, iront concocter de délicieux mets pour les enfants. Dans sa quête de bien faire, le Chef Arnaud a mis sur pied un magazine intitulé « Cuisine et Santé », dans lequel il donne des enseignements sur ce qu’on devrait consommer pour rester en pleine forme. Pour lui, bien manger, c’est prendre soin de soi.
Lisa YOUMSSI (Glob’Media)














