La capitale économique du Cameroun a été paralysée ce matin par des inondations généralisées. Au-delà des énormes dégâts matériels et des transports bloqués, le bilan humain est lourd : un enfant a perdu la vie à Douala 5ᵉ. Le Maire de la ville appelle à la vigilance maximale.
C’est un réveil brutal et douloureux qu’ont vécu les habitants de Douala ce matin. La première pluie diluvienne de la saison s’est abattue sur la métropole économique, transformant en quelques heures les artères de la ville en véritables torrents. Si les dégâts matériels sont immenses, c’est le drame humain qui secoue particulièrement la population aujourd’hui.

Le drame de trop à Banya-Sable
Le bilan est tragique dans l’arrondissement de Douala 5ᵉ. Au quartier Banya-Sable, un enfant d’environ 5 ans a été surpris par la montée subite et violente des eaux. Pris au piège, le jeune garçon a été emporté par un torrent sous les yeux impuissants des riverains.
Retrouvé inerte quelques minutes plus tard, il a été transporté d’urgence par ses parents à l’hôpital Ad Lucem. Malheureusement, les médecins n’ont pu que constater son décès. Une tragédie qui plonge toute une communauté dans le deuil et relance le débat sur la sécurité des personnes en période de fortes intempéries.
Une ville totalement paralysée
Aucun secteur ou presque n’a été épargné par la fureur des cieux. Les débordements d’eau ont massivement touché les arrondissements de Douala 2ᵉ, 3ᵉ, 4ᵉ et 5ᵉ. Même les quartiers résidentiels et administratifs de Douala 1ᵉʳ, traditionnellement plus préservés, ont bu la tasse :
Bonapriso et Bonanjo se sont retrouvés sous les eaux, bloquant l’accès à de nombreux bureaux et commerces. La circulation routière a été totalement paralysée, provoquant des embouteillages monstres sur les principaux axes de la ville. Des milliers de citadins sont restés bloqués pendant des heures, incapables de rejoindre leur lieu de travail ou d’études.

Témoignage d’un automobiliste bloqué : « En moins de trente minutes, l’eau est montée jusqu’aux portières. Les caniveaux n’aspirent plus rien, tout refoule sur la chaussée. C’est le chaos total. »
Caniveaux bouchés et déficit de drainage : le cri d’alarme du Maire Face à l’urgence de la situation, le Maire de la ville est rapidement monté au créneau pour alerter la population. Si l’intensité de la pluie est un facteur naturel, l’édile pointe du doigt des problèmes structurels bien connus, mais toujours aussi destructeurs : l’incivisme des populations qui continuent de jeter les déchets dans les canaux d’évacuation, et les défaillances du système de drainage urbain.
Les caniveaux obstrués par les bouteilles plastiques et autres immondices ont empêché l’écoulement normal des eaux, accélérant l’inondation des habitations et des routes.
Le Maire appelle les populations à la plus grande prudence, à éviter les déplacements non essentiels lors des prochaines précipitations et à libérer les drains de tout encombrement. Alors que la saison des pluies ne fait que commencer, le spectre de nouvelles inondations, plane déjà sur Douala, et l’urgence d’un plan d’assainissement radical se fait plus pressante que jamais.
Franck Régis Kamegne (Glob’Media)










