Dans la nuit du 19 au 20 mai 2026, alors que le Cameroun s’apprêtait à célébrer le vivre-ensemble, la ville de Zoétélé, dans la région du Sud, a été le théâtre de violents pillages et d’agressions ciblées visant la communauté bamiléké. Face à cette dérive xénophobe, la société civile brise le silence et exige des sanctions immédiates.
C’est un réveil douloureux et teinté d’effroi qu’ont vécu les populations de Zoétélé au matin du 20 mai. Au lieu des défilés et des chants patriotiques célébrant l’unité de la Nation, la localité s’est réveillée face au spectacle désolant de commerces vandalisés, de domiciles pillés et de citoyens traumatisés. Des agressions ciblées, au relent tribaliste manifeste, ont visé spécifiquement les populations d’origine bamiléké installées dans la zone.
Ces graves incidents ont immédiatement déclenché une vague d’indignation à travers tout le pays, poussant plusieurs organisations de la société civile à monter au créneau pour dénoncer une fracture identitaire de plus en plus menaçante.
ACT-ED s’insurge contre la « chasse aux allogènes »
Dans un communiqué publié le 20 mai à Yaoundé, l’association ACT-ED a condamné avec la plus grande fermeté ces exactions qui ont causé d’importants dégâts matériels et humains. Au-delà de la violence physique, c’est la trajectoire idéologique de ces attaques qui inquiète l’organisation.
Le texte, portant la signature de Moussa Njoya, pointe du doigt la nature « ouvertement tribaliste » des événements et regrette une fâcheuse récurrence dans la région du Sud :

« La moindre situation sécuritaire ou politique délicate semble devenir quasi automatiquement une occasion de chasser aux allogènes. »
Communiqué d’ACT-ED, 20 mai 2026
ACT-ED appelle à une réponse globale et immédiate des autorités administratives, judiciaires et traditionnelles pour identifier et sanctionner les coupables, tout en fustigeant la banalisation des discours de haine sur les réseaux sociaux. Le Forum Républicain : « Chaque Camerounais est chez lui partout » Le ton est tout aussi ferme du côté du Forum Républicain, mouvement proche de l’opposant Parfait Mbvoum. Par la voix de sa signataire, Kwuin Marie Douala, le mouvement rappelle un principe constitutionnel fondamental : le territoire national est un et indivisible. Pour le Forum Républicain, aucun prétexte, ni aucune affaire judiciaire — « aussi grave soit-elle » ne saurait légitimer la justice populaire ou des représailles basées sur l’appartenance communautaire.
Le mouvement exige : L’arrêt immédiat des violences et la sécurisation des personnes et des biens. L’interpellation des auteurs et des instigateurs de ces attaques.
Une communication transparente des autorités judiciaires afin de couper court aux manipulations qui alimentent les tensions.
Un bilan des tensions communautaires au Cameroun Organisation Signataire Principale revendication. Danger ciblé ACT-ED Moussa Njoya Sanctions contre les auteurs & fin des discours de haine en ligne La banalisation du tribalisme et la fragilisation du vivre-ensemble Le Forum Républicain Kwuin Marie Douala Sécurisation des biens & communication judiciaire transparente. La dérive vers la xénophobie et la justice populaire L’urgence d’une prise de conscience nationale Ces événements tragiques surviennent dans un moment hautement symbolique, assombrissant une fête du 20 mai censée incarner la cohésion d’un peuple. Alors que le Cameroun panse encore les plaies de ses multiples crises socio-politiques, notamment dans les régions anglophones, le drame de Zoétélé agit comme un puissant électrochoc. La convergence des voix d’ACT-ED et du Forum Républicain démontre qu’il y a urgence. Pour éviter une escalade dramatique, l’État doit opposer la force de la loi à la barbarie identitaire. Car la haine de l’autre ne peut devenir le mode de règlement des conflits dans une République qui se veut unie et indissociable.
Par Rayan Sofo (Glob’Media)










