Affaire du faux vice-président : l’assemblée nationale sort les griffes

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Après le gouvernement, la Représentation nationale a vigoureusement condamné, lors de la clôture de la session de juin, le faux décret nommant un vice-président de la République. Théodore Datouo appelle à la vigilance face à ce qu’il qualifie d’atteinte grave aux institutions.

L’affaire du faux décret présidentiel continue de secouer les sommets de l’État. Après la sortie médiatique du gouvernement le 30 juin dernier, c’est au tour de l’Assemblée nationale de monter au créneau. À l’occasion de la plénière de clôture de la session ordinaire de juin 2026, le président de la Chambre basse, le Très honorable Théodore Datouo, a publiquement et fermement dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre » visant la déstabilisation des institutions républicaines. « L’Assemblée nationale dénonce et condamne avec la plus grande fermeté de tels agissements », a martelé le Patron de la Représentation nationale du haut de la tribune de l’hémicycle. Pour le PAN, cet acte n’a rien d’anodin : il s’agit d’une agression directe contre l’autorité de l’État. « La signature du Président de la République engage la continuité de l’État. Toute usurpation ou tentative d’en altérer l’authenticité constitue une atteinte très grave aux fondements mêmes de nos institutions », a-t-il insisté, plaçant le curseur de la gravité au niveau du crime d’État. Face à la prolifération des fausses informations et des dynamiques de manipulation, Théodore Datouo a également invité le peuple camerounais au discernement, évoquant une « impérieuse nécessité de préserver l’autorité des institutions ».

Le gouvernement sur le pied de guerre

Cette réaction parlementaire vient appuyer la riposte amorcée par le pouvoir exécutif moins de deux semaines plus tôt. Le 30 juin, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, avait publié un communiqué officiel pour démonter point par point la crédibilité des faux documents déposés dans les bureaux de la Cameroon Radio Television (Crtv) au cours du mois de juin.

Le Mincom avait alors rappelé que la diffusion des actes officiels (décrets, arrêtés, ordonnances) répond à des « procédures strictes et réglementées », dont le circuit est rigoureusement « codifié et centralisé au sein de la Présidence de la République ». Une manière de rassurer l’opinion publique sur l’inviolabilité, en temps normal, des canaux de communication du Chef de l’État.

L’impasse sur l’identité du suspect

Si les autorités s’activent à éteindre l’incendie politique, le volet judiciaire suit son cours. Le gouvernement a confirmé l’interpellation de l’individu qui avait convoyé les faux décrets jusqu’aux services du média public. Ce dernier « se trouve actuellement entre les mains des autorités compétentes », a indiqué René Emmanuel Sadi, précisant que le suspect ne fait pas partie des effectifs d’Etoudi.

Cependant, plusieurs zones d’ombre persistent. Malgré l’ouverture d’investigations approfondies pour faire la lumière sur cette affaire rocambolesque, la communication officielle a choisi de faire l’impasse sur l’identité du faussaire présumé, laissant l’opinion publique spéculer sur les complicités internes ou externes derrière cette tentative d’altération du sommet de l’État.

Rayan Sofo (Glob’Media)

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