Riziculture dans le Nord-Ouest : le gouvernement passe à l’offensive pour la souveraineté alimentaire

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Bamenda a abrité la 7ᵉ session du Comité de pilotage du Projet de développement de la chaîne de valeur du riz (PDCVR). Sous la présidence du ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbaïrobe, cette rencontre trace la feuille de route d’une profonde transformation structurelle visant à sevrer le Cameroun de sa dépendance aux importations.

C’est un message d’action et de rupture qui a résonné à Bamenda. Réunis pour évaluer les progrès et lever les goulots d’étranglement de la filière rizicole nationale, les membres du Comité de pilotage du PDCVR ont validé un plan d’attaque rigoureux. L’objectif est clair : transformer le potentiel agricole du pays en une autosuffisance concrète.

Un diagnostic lucide des blocages

Malgré des atouts naturels indéniables, le Cameroun reste fortement tributaire des importations pour satisfaire sa demande en riz. Les travaux de Bamenda ont permis de pointer sans complaisance les maux qui minent le secteur : faiblesse des volumes produits, manque criant d’aménagements hydro-agricoles, faiblesses techniques dans la transformation et le stockage, et circuits de distribution grippés.

Pour inverser la tendance, le salut passera par une intégration complète de la chaîne de valeur. Les participants ont plaidé pour une mise à niveau globale combinant infrastructures modernes, maîtrise de l’eau, professionnalisation des producteurs et synergie accrue entre l’État, les partenaires financiers et le monde rural.

L’exigence de résultats de Gabriel Mbaïrobe Présidant les débats, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, a rappelé l’enjeu hautement stratégique du riz dans la politique de sécurité alimentaire du gouvernement. Pour lui, le PDCVR ne doit plus seulement être un projet sur papier, mais un levier d’impact direct sur le quotidien des paysans.

Tout en saluant des avancées concrètes récentes telles que le partenariat avec l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), la formation et l’équipement de 121 multiplicateurs de semences, la réhabilitation de pistes de désenclavement et l’aménagement de périmètres rizicoles, le ministre a exigé une discipline de fer. Gabriel Mbaïrobe appelle à une gouvernance rigoureuse, basée sur un suivi de terrain sans faille et des arbitrages stratégiques rapides.

Cap sur l’industrialisation et la modernisation

Pour matérialiser cette ambition, la session de Bamenda s’est achevée sur des résolutions fortes. La principale innovation réside dans la recommandation de créer une unité locale de production et de transformation. Ce maillon industriel permettra de traiter le riz sur place, de minimiser les pertes après récolte et de proposer aux consommateurs un produit local compétitif et de qualité.

Face aux caprices du climat, l’accent sera également mis sur la sécurisation des cultures grâce à l’accélération des aménagements hydro-agricoles et des systèmes d’irrigation.

En actant cette nouvelle feuille de route, les pouvoirs publics s’engagent dans une course contre la montre. Au-delà de l’enjeu nutritionnel, c’est toute une économie rurale que le gouvernement entend dynamiser, faisant de la terre du Nord-Ouest l’un des moteurs de la croissance et de la création d’emplois de demain.

Rayan Sofo (Glob’Media)

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