À Douala, le Conseil national de la communication veut privilégier le dialogue avec les journalistes dans la lutte contre les discours de haine et l’incitation à la violence. Réunis ce 3 août 2026 à Douala autour de cette problématique, les responsables du CNC ont appelé les médias à davantage de responsabilité, tout en assurant vouloir sortir d’une posture systématiquement répressive.
Le Conseil national de la communication veut changer de méthode. Face aux journalistes réunis à Douala le 3 août 2026, le régulateur a insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue avec les professionnels des médias pour prévenir les dérives plutôt que de se limiter à les sanctionner après coup. La rencontre, consacrée à la responsabilité sociale des journalistes face aux discours de haine et à l’incitation à la violence, se voulait donc à la fois une séance de sensibilisation et un cadre d’échange. L’objectif affiché est de permettre au régulateur et aux médias de « regarder dans la même direction » sur les questions liées à la paix sociale, à la cohésion nationale et à la stabilité des institutions. Le CNC assure ne pas vouloir systématiquement s’ériger en « père fouettard ». Ses responsables ont plutôt défendu une approche préventive, fondée sur l’écoute et la responsabilisation des journalistes. « Aujourd’hui, le Conseil national de la communication n’est pas venu pour sanctionner. Nous voulons changer de méthode. Nous voulons anticiper sur les dérives », a expliqué le conseiller Serge, chef de mission.
Cette volonté de rapprochement intervient dans un environnement médiatique profondément transformé par le numérique. La multiplication des plateformes et la rapidité de circulation des contenus favorisent la propagation de fausses informations, la stigmatisation et les propos susceptibles d’attiser les tensions communautaires, religieuses ou politiques. Dans ce contexte, le journaliste est présenté comme un acteur essentiel de la régulation de l’espace public. Pour le CNC, son rôle ne se limite pas à rapporter les faits. Il doit également vérifier ses sources, confronter les points de vue, replacer les événements dans leur contexte et mesurer les conséquences de ses publications. Les échanges ont ainsi porté sur les responsabilités qui accompagnent la liberté de la presse. Le Conseil rappelle que liberté et responsabilité restent indissociables. Il encourage notamment les professionnels à privilégier la vérification, la diversité des points de vue et la contextualisation de l’information, regroupées sous la règle des « 3V ». En dehors des règles professionnelles, le CNC appelle également à une évolution du langage médiatique. Plutôt que de contribuer, parfois involontairement, à amplifier les tensions en relayant des discours de haine, les médias sont invités à promouvoir un « discours de convivialité » susceptible de favoriser le dialogue et le vivre-ensemble. Cette démarche se veut également constructive. Le CNC a salué la couverture jugée responsable des médias lors de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, les invitant à maintenir ce niveau de professionnalisme.

La rencontre apparaît ainsi comme une tentative de rapprocher deux exigences notamment préserver la liberté d’informer tout en renforçant la responsabilité de ceux qui produisent et diffusent l’information. Pour le régulateur comme pour les journalistes, l’enjeu est désormais de trouver un terrain d’entente permettant de prévenir les dérives sans transformer la régulation en simple mécanisme de sanction.
Natacha Mbarga (Glob’Media)










