Prévue le 8 août à la GECAM, la première grande sortie publique du mouvement porté par Nourane Foster et son époux n’a finalement pas eu lieu dans les conditions annoncées.
Les organisateurs évoquent une intervention des autorités, malgré les formalités administratives qu’ils disent avoir accomplies. À Douala, Impact 100 devait faire ses premiers pas en public.
Le GECAM avait été choisie pour accueillir cette rencontre présentée comme le point de départ d’une nouvelle aventure politique portée par la députée Nourane Foster et son époux, Firmin Fotsing. La mobilisation était au rendez-vous. Plus d’une centaine de militants et sympathisants avaient effectué le déplacement.

Dans la salle, les responsables du mouvement étaient également prêts à donner le coup d’envoi d’une initiative articulée autour d’un mot d’ordre « chercher des solutions » Puis, à quelques instants de l’ouverture des travaux, le scénario s’est brusquement inversé.
Selon les organisateurs, une communication des autorités leur aurait demandé de renoncer à la tenue de la réunion. La décision a pris de court les promoteurs, qui assurent avoir accompli au préalable les démarches administratives nécessaires. L’incident laisse toutefois subsister plusieurs zones d’ombre. Aucun document officiel exposant les motifs de cette intervention n’a, à ce stade, été rendu public. Les responsables d’Impact 100 disent eux-mêmes ne pas avoir obtenu d’explication permettant de comprendre les raisons de cet ajournement.

Malgré la déconvenue, l’épisode place d’emblée le nouveau mouvement face à une première épreuve : celle de sa capacité à organiser son déploiement dans un environnement politique où les initiatives publiques demeurent étroitement encadrées. Impact 100 ne se présente pas comme un simple cadre de rassemblement. Ses promoteurs revendiquent une démarche tournée vers la recherche de réponses concrètes aux préoccupations des citoyens, avec la volonté de bâtir progressivement une présence dans les dix régions du pays.
Cette ambition comporte également une dimension électorale assumée. La structure entend se préparer aux prochaines élections législatives et municipales, ce qui l’installe d’emblée sur un terrain politique plus large que celui d’une plateforme citoyenne. La prochaine étape sera celle de l’organisation. Ouverture des adhésions, délivrance de cartes de membres et implantation locale devraient permettre de mesurer la capacité d’Impact 100 à transformer l’enthousiasme de ses premiers soutiens en une force structurée. La naissance d’Impact 100 intervient alors que Nourane Foster ouvre une nouvelle page de son parcours politique.
Élue députée sous les couleurs du PCRN, elle s’en est progressivement éloignée. La disparition de son nom du site du parti, en juin dernier, avait notamment nourri les interrogations sur son avenir au sein de cette formation. La création d’Impact 100 apparaît désormais comme le choix d’un cadre autonome pour poursuivre son engagement public. À ses côtés, son époux, Firmin Fotsing, participe à la construction de cette nouvelle architecture politique. Le contretemps n’a pas conduit les promoteurs à renoncer à leur calendrier politique. Dans leurs communications, ils continuent de présenter le 8 août 2026 comme la date de lancement officiel d’Impact 100.

Reste maintenant le plus difficile à savoir inscrire cette initiative dans la durée. Pour Nourane Foster et ses soutiens, l’enjeu ne sera plus seulement de mobiliser autour d’un nouveau nom. Il faudra démontrer la capacité du mouvement à s’implanter, à produire une offre politique lisible et à convertir son discours sur les solutions en propositions susceptibles de convaincre au-delà de son premier cercle. Le premier rendez-vous aura été contrarié. L’ambition, elle, reste affichée.
Natacha Mbarga (Glob’Media)










