Bafang, le 16 juillet 2026 — Vingt-deux ans après sa disparition, la mémoire du patriarche Jean Mbouendé demeure un phare dans la nuit du Haut-Nkam.

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Ce 16 juillet 2026, une délégation de haut rang, conduite par l’honorable Salomon Blériot Moungoué, président du Cercle des élites intérieures du Haut-Nkam, s’est recueillie dans le caveau familial du défunt patriarche. À ses côtés, le Collectif des héritiers des martyrs du Cameroun est venu saluer l’héritage d’un homme de paix, dont la trajectoire intemporelle continue d’inspirer le « vivre-ensemble » national.

Un monument face à l’histoire : le choix du pardon

Érigé face à la cathédrale Notre-Dame de Banka, le monument Jean Mbouendé est bien plus qu’une œuvre architecturale : c’est le livre ouvert de la résilience d’un homme qui aura traversé trois siècles. En 2002, alors que l’érection de la statue se heurte à des blocages municipaux menaçant de diviser la communauté, le patriarche, alors âgé de 112 ans, désamorce la crise par un geste d’une sagesse rare : il cède ses propres terres titrées pour y bâtir l’édifice. « Je suis un homme de paix », aimait-il rappeler. Cette paix, il l’anticipera jusqu’à son dernier souffle. En juin 2004, pressentant son départ, il signe 300 invitations pour l’inauguration fixée au 7 août, exigeant qu’elle se tienne « même s’il n’est plus de ce monde ». Il s’éteint le 16 juillet 2004, et ses obsèques officielles fusionnent avec l’inauguration, scellant ainsi la réconciliation historique entre ses partisans et ses anciens opposants.

Le « miracle » du Caterpillar : un symbole inébranlable

La légende du monument s’est enrichie en janvier 2023 lors d’un accident spectaculaire : un engin de chantier percute de plein fouet l’édifice, pulvérisant son socle. Contre toute attente, la statue reste suspendue dans le vide, refusant de tomber. Là où le droit aurait dicté un procès, la famille Mbouendé choisit la clémence. Touché par ce pardon, le conducteur de l’engin, rescapé d’une chute vertigineuse, est aujourd’hui devenu un proche de la famille, illustrant la victoire de la réconciliation sur la vengeance.

Leçons politiques et message à la jeunesse

Cette commémoration a également été l’occasion pour l’honorable Salomon Blériot Moungoué de revisiter l’histoire politique du pays. Évoquant la législature de 1992 sous la bannière de l’UNDP, il a rappelé le sacrifice de Jean Mbouendé, qui avait préféré s’effacer au profit d’une jeune génération porteuse de ses convictions un héritage parfois trahi par certains, attirés par « la mangeoire » politique, mais fièrement préservé par d’autres. Pour Clément W. Mbouendeu, Gardien de la Mémoire et garant de ce temple mémoriel, alors que l’éclairage public s’éteint parfois autour de la place, la lumière de Jean Mbouendé, elle, continue de briller pour la jeunesse : une boussole de tolérance, de justice sociale et d’intégrité.

Clément W. MBOUENDEU

Gardien de la Mémoire de Jean Mbouendé

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