Rentrée économique du GECAM : le patronat réclame un budget 2027 plus tourné vers l’investissement

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Le président du GECAM, Célestin Tawamba, demande une inversion des priorités budgétaires pour 2027, alors que le patronat dénonce le recul de l’investissement public, la dégradation des infrastructures et la persistance de la crise énergétique.

Le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) veut voir l’investissement reprendre le dessus sur le fonctionnement dans le budget de l’État. Lors de sa deuxième rentrée économique, jeudi 10 septembre 2026 à Douala, son président Célestin Tawamba a appelé à un nouvel arbitrage budgétaire pour 2027.

Les chiffres avancés par le patronat illustrent l’urgence de cette demande. Les dépenses d’investissement se sont établies à 45 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre 175,5 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 74,4 %. Dans le même temps, la part du fonctionnement est passée de 65,1 % du budget en 2016 à 79,2 % en 2026, tandis que celle de l’investissement reculait de 34,9 % à 20,8 %.

Pour le GECAM, l’enjeu est désormais de rétablir cet équilibre sans nécessairement recourir à de nouvelles ressources. « Un budget qui prélève davantage pour fonctionner davantage n’est pas un budget de développement. C’est un budget d’entretien », estime Célestin Tawamba. Le patronat alerte également sur les conséquences de cette situation pour les entreprises. La dégradation de plusieurs corridors routiers et les perturbations du transport ferroviaire alourdissent les coûts logistiques, tandis que la crise énergétique contraint encore 65 % des entreprises à recourir à des groupes électrogènes, selon les données citées par le GECAM.

À ces difficultés s’ajoute un accès au crédit devenu plus contraignant. Les nouveaux crédits distribués au premier trimestre 2026 sont évalués à 1 337 milliards de FCFA, contre 1 887 milliards un an auparavant. Pour le patronat, la réponse passe désormais par des résultats mesurables sur les infrastructures, l’électricité, le financement et la commande publique. « L’entreprise ne vit pas de l’annonce d’une réforme. Elle vit de ses effets », rappelle Célestin Tawamba. Pour la loi de finances 2027, le GECAM demande ainsi que les dépenses de fonctionnement progressent moins vite que celles consacrées à l’investissement.

Natacha Mbarga (Glob’Media)

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