Suspension du FSNC : Issa Tchiroma Bakary défie le Minat et réaffirme le boycott des locales

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Un an après la présidentielle d’octobre 2025, la tension entre le pouvoir central de Yaoundé et le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) franchit un nouveau palier. Face à l’arrêté du ministre de l’Administration territoriale (Minat) portant suspension des activités du parti pour une durée de trois mois, le leader du FSNC, désormais en exil, est sorti de son silence à travers un communiqué officiel particulièrement incisif.

Pour Issa Tchiroma Bakary, cette mesure administrative s’apparente à une « provocation pure et simple » et constitue une « illustration supplémentaire des démarches néfastes et antidémocratiques que le régime Biya entreprend pour se maintenir au pouvoir ». Qualifiant l’acte du Minat de « non-événement » devant être considéré comme nul et non avenu, l’homme politique estime que cette suspension vise principalement à parachever ce qu’il qualifie de « hold-up électoral ».

Refus de légitimer le pouvoir

Malgré cette offensive du gouvernement, le mot d’ordre reste inchangé au sein du FSNC. Issa Tchiroma Bakary a réitéré le maintien du boycott des prochaines élections législatives et municipales prévues en 2027. Affirmant s’exprimer en qualité de « Président élu et Président du FSNC », il refuse toute participation à un scrutin sans le rétablissement préalable de ce qu’il considère comme la victoire du peuple.

Pour justifier cette ligne dure, le leader du FSNC invoque un devoir de mémoire envers les victimes des violences post-électorales, citant notamment la mémoire de la figure politique Anicet Ekane. « Notre responsabilité historique nous commande de ne pas enjamber les corps des dizaines de Camerounais tombés sous la violence d’un régime […] pour inviter les citoyens à se résigner », martèle-t-il, reliant également cette crise institutionnelle à l’instabilité persistante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO).

Une vague d’indignation dans l’opposition

La décision du Minat suscite également une vive préoccupation au sein de la classe politique de l’opposition. Patricia Tomaino Ndam Njoya, présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), s’est interrogée publiquement sur les « non-dits » d’une telle décision survenant un an après la présidentielle, s’inquiétant d’une manœuvre visant à entraver la préparation du FSNC pour les échéances locales.

Même son de cloche du côté du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), allié du FSNC lors de la présidentielle de 2025, qui dénonce une volonté délibérée de Yaoundé d’écarter un adversaire politique de la course aux sièges de députés et de conseillers municipaux.

Franck Régis Kamegne (Glob’Media)

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