Un mystérieux coursier a tenté de faire diffuser un faux acte du chef de l’État nommant un vice-président de la République. Vigilants, les responsables des médias publics ont déjoué l’imposture. Le gouvernement monte au créneau alors que le suspect est aux arrêts.

C’est une affaire digne d’un thriller politique de haut vol qui secoue les couloirs du pouvoir à Yaoundé et alimente toutes les conversations dans les chaumières. Au cours du mois de juin 2026, les studios de la Cameroon Radiotélévision (CRTV) ont été le théâtre d’une tentative d’intoxication d’une audace rare, touchant directement au sommet de l’État.
Le piège d’Etoudi évité de justesse
Tout commence lorsqu’un individu se présente à la direction de la CRTV à Yaoundé. L’homme dépose un pli fermé contenant un document en apparence irréprochable : les sceaux de la présidence de la République sont présents, et la signature attribuée au chef de l’État, Paul Biya, y est apposée. Le contenu du document est pourtant une véritable bombe politique : un décret portant nomination d’un vice-président de la République.
Un détail de taille aurait dû frapper l’imposteur : ce poste est juridiquement inexistant dans l’organigramme constitutionnel actuel du Cameroun. Face à l’énormité de l’annonce et flairant le piège à plein nez, les responsables du média de service public ont fait preuve d’une vigilance payante. En refusant catégoriquement de diffuser le document sur leurs antennes, ils ont coupé court à ce qui aurait pu se transformer en une crise institutionnelle majeure ou provoquer un vent de panique généralisé.

La mise au point ferme du gouvernement
Devant l’ampleur des spéculations et des rumeurs qui ont rapidement enflammé les réseaux sociaux, le gouvernement a brisé le silence le 30 juin 2026. Par la voix de son porte-parole, René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, l’exécutif a tenu à remettre les pendules à l’heure à travers un communiqué officiel particulièrement ferme.
« La diffusion des actes officiels dans notre pays […] obéit à des procédures strictes et réglementées, qui visent à garantir leur fiabilité, leur crédibilité, ainsi que leur opposabilité aux tiers », a rappelé le ministre.
Le gouvernement a insisté sur deux verrous de sécurité fondamentaux que le faussaire semblait avoir ignorés : Un circuit ultra-sécurisé : Les textes émanant du chef de l’État suivent un parcours officiel, hautement codifié et centralisé au sein même du palais d’Etoudi.
Des canaux officiels stricts : Un texte d’une telle importance politique n’aurait en aucun cas pu être acheminé par un coursier anonyme dans une simple enveloppe scellée.
Le verdict de Yaoundé est donc sans appel : ce décret est un faux grossier qui n’a jamais été signé par Paul Biya.

Le suspect aux arrêts, l’enquête s’accélère
L’affaire a désormais quitté le terrain médiatique pour prendre une tournure judiciaire. Le mystérieux messager a été interpellé par les forces de sécurité et se trouve actuellement en pleine audition. Les premières vérifications de l’exécutif confirment que cet individu ne figure nulle part dans les effectifs de la présidence de la République et n’avait aucune légitimité pour transporter de tels documents.
Des investigations approfondies ont été ouvertes pour faire toute la lumière sur cette affaire. S’agit-il de l’acte isolé d’un déséquilibré, d’une manipulation politique d’envergure, ou d’une tentative délibérée de déstabilisation des institutions ?
En attendant les conclusions de l’enquête, le gouvernement a invité les Camerounais à faire preuve de discernement face aux fake news, rappelant que les grandes décisions de l’État demeurent « la seule et exclusive prérogative » du président Paul Biya. À Etoudi comme dans les états-majors politiques, l’évolution de cette enquête sera suivie de très près.
Rayan Sofo (Glob’Media)










