Survie et rentrée scolaire : les vacances de tous les dangers

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Alors que les grandes vacances touchent à leur fin, les carrefours de Yaoundé et Douala grouillent d’enfants vendeurs à la sauvette venus financer leurs fournitures scolaires ou soulager le panier de la ménagère. Entre résignation des familles face aux difficultés économiques et indignation de la société civile, plus de 4,5 millions de mineurs sont exposés aux accidents et aux abus au Cameroun. Plongée au cœur d’un drame social qui remet en question la protection de l’enfance.

Le prix de la rentrée scolaire

« C’est pour acheter mes cahiers, mon sac et mes fournitures pour la rentrée », glisse un jeune garçon d’à peine dix ans, l’œil rivé sur le feu de signalisation qui menace de passer au vert. Pour ces commerçants en herbe, la vente ambulante est le seul moyen de garantir leur retour sur les bancs de l’école. D’autres expliquent vouloir alléger la charge financière de leurs parents en contribuant aux dépenses du foyer.

Du côté des familles, les avis divergent face à cette pratique ambiguë. Certains parents, étranglés par la conjoncture économique, y voient une forme d’apprentissage de la vie et un moyen de financer la scolarité. Pour eux, un simple conseil de prudence suffit. Mais pour une grande partie de l’opinion, l’indignation domine. « On ne voit que le côté gain financier immédiat. Des enfants de 7, 8 ou 9 ans courent entre les voitures à leurs risques et périls, exposés aux intempéries et à la violence de la rue », s’insurge Agathe, une parente révoltée. « Les enfants devraient profiter pleinement de leur enfance au lieu de porter prématurément le fardeau des adultes. »

Des chiffres qui donnent le tournis

Derrière ce drame social quotidien se cache une réalité statistique alarmante : 4 543 788 enfants en situation de travail enregistrés au Cameroun, selon les données révélées par le ministère du Travail et de la Sécurité sociale en juin 2026. 14,6 millions de mineurs recensés dans le pays (soit 49 % de la population totale), d’après le rapport Unicef de juin 2025. 27,9 % des enfants engagés dans des formes de travail devant être abolies, selon l’enquête MICS 6 de l’Institut national de la statistique (INS).

4,4 % des enfants soumis à des travaux strictement dangereux.

Si l’Enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI 3) rappelle que le phénomène touche plus durement le milieu rural (7,3 %) que le milieu urbain (3,3 %), l’hyper-visibilité des vendeurs de rue à Yaoundé et Douala offre un rappel cruel : la protection de l’enfance reste un défi majeur face à la précarité des ménages.

PIF

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