Finances publiques : le gouvernement prévoit d’accroître la pression fiscale à 14,1 % du PIB d’ici 2029

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Le gouvernement camerounais entend renforcer progressivement la mobilisation des recettes fiscales au cours des prochaines années. Présentant les orientations du Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2027-2029) devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a annoncé un objectif de pression fiscale de 14,1 % du produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2029, contre 12,9 % attendus en 2026.

Selon le ministre, cette évolution reposera sur un effort fiscal supplémentaire de 0,4 point de PIB par an. La trajectoire prévoit ainsi un taux de pression fiscale de 13,3 % en 2027, avant une progression graduelle jusqu’à 14,1 % en 2029.

Pour atteindre cet objectif, les autorités misent sur plusieurs réformes destinées à améliorer le rendement de l’administration fiscale. Parmi les mesures annoncées figurent la généralisation de la facturation électronique en temps réel, le suivi numérique de la production dans les secteurs des boissons, de la téléphonie et des jeux de hasard, ainsi que la poursuite de la digitalisation des procédures administratives.

Le gouvernement prévoit également la création d’une unité spécialisée dans le suivi fiscal des entreprises minières, l’extension de la taxe environnementale et l’instauration d’un droit de timbre appliqué aux emprunts digitaux. Sur le plan douanier, l’exécutif entend renforcer la collecte des droits et taxes sur les téléphones portables et autres terminaux importés, optimiser les recettes issues des exportations de minerais et réintroduire progressivement la fiscalité sur certains produits de grande consommation, dans le cadre d’une politique de promotion des produits de substitution fabriqués localement. Les autorités annoncent aussi un meilleur contrôle des bases de taxation, une amélioration du rendement des opérations douanières et une rationalisation de la perception des droits sur les hydrocarbures importés.

Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des efforts engagés ces dernières années pour accroître les recettes intérieures. Malgré une progression graduelle, le niveau de pression fiscale au Cameroun demeure inférieur à la moyenne observée sur le continent africain, estimée à plus de 16 % du PIB.

Pour le gouvernement, cette montée en puissance de la fiscalité doit permettre de réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers tout en dégageant davantage de ressources pour financer les priorités économiques et sociales du triennat 2027-2029. Elle devrait également contribuer à l’amélioration des équilibres budgétaires, avec une réduction progressive du déficit primaire hors pétrole au cours de la période.

Natacha Mbarga (Glob’Media)

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