Dans une petite finale d’une rare intensité offensive, les Three Lions ont terrassé l’équipe de France (6-4) à Miami. Portés par un triplé de Bukayo Saka, les hommes de Thomas Tuchel s’offrent le bronze face à des Bleus combatifs mais plombés par leur première période.
L’affiche promettait un duel d’orgueil entre deux géants du football européen, tous deux frustrés d’avoir vu les portes de la grande finale se refermer. Elle a finalement offert au monde du football un spectacle offensif d’une intensité rare, historique et totalement irrespirable. Dans un Hard Rock Stadium de Miami comble et entièrement acquis à la cause du beau jeu, Anglais et Français ont livré une bataille de 90 minutes qui restera à coup sûr gravée dans les annales comme la petite finale la plus spectaculaire de l’histoire de la Coupe du monde.

Le coup de force de Thomas Tuchel Dès le coup d’envoi, les Three Lions de Thomas Tuchel n’ont laissé absolument aucun temps d’adaptation ni d’observation à leurs adversaires. Dès la 3e minute de jeu, profitant d’un ballon mal repoussé par une arrière-garde française encore fébrile, le milieu de terrain Declan Rice a déclenché une frappe limpide à l’entrée de la surface, trompant un Mike Maignan impuissant.
Cueillis à froid, les Bleus se sont retrouvés contraints de courir après le score dès les premiers instants de la partie. Loin de lever le pied après cette ouverture du score précoce, les Anglais ont continué d’étouffer les joueurs de Didier Deschamps grâce à un pressing haut particulièrement étouffant et une circulation de balle d’une fluidité chirurgicale.

À la 18e minute, la domination britannique s’est concrétisée une nouvelle fois : le défenseur central Ezri Konsa a doublé la mise en reprenant victorieusement un centre précis venu de la droite, consécutif à une phase arrêtée parfaitement répétée à l’entraînement. À 2-0, l’Angleterre posait déjà une option très sérieuse sur la médaille de bronze.
Saka fait imploser les Bleus
Si la France a tenté tant bien que mal de réagir par l’intermédiaire de Kylian Mbappé et d’Ousmane Dembélé sur les ailes, le bloc défensif anglais est resté parfaitement organisé et hermétique. À l’inverse, chaque accélération des Three Lions faisait vaciller une défense française aux abois.
Le véritable tournant de la première période s’est produit dans le dernier quart d’heure. Bukayo Saka, poison permanent sur son flanc droit, a été récompensé de son activité incessante à la 37e minute. Lancé magnifiquement dans la profondeur, l’ailier d’Arsenal a éliminé son vis-à-vis avant de battre Maignan d’un tir croisé clinique.

Assommés, les Bleus ont encaissé un coup de grâce juste avant la pause. Dans le temps additionnel de la première mi-temps (45e+1), Saka, parfaitement servi dans la surface, a conclu avec un sang-froid glacial pour signer un doublé et porter le score à un improbable 4-0 au moment où l’arbitre renvoyait les vingt-deux acteurs aux vestiaires. « Dix buts inscrits, un triplé légendaire de Bukayo Saka, et un suspense haletant jusqu’aux derniers instants des arrêts de jeu : Miami a vécu une page d’histoire du football. »
La révolte héroïque des Bleus
Au retour des vestiaires, touché dans son orgueil, Didier Deschamps a procédé à plusieurs ajustements tactiques majeurs. L’effet de ce remaniement a été immédiat. Devenue beaucoup plus agressive dans les duels et nettement plus juste techniquement, l’équipe de France a enfin retrouvé le football qui l’avait hissée dans le dernier carré mondial.
À la 48e minute, le capitaine Kylian Mbappé a sonné la révolte en réduisant l’écart. Lancé à pleine vitesse dans la profondeur, l’attaquant tricolore a déposé la défense anglaise avant de fusiller le portier britannique d’une frappe surpuissante. Relancés et portés par ce sursaut, les Bleus sont repartis immédiatement à l’assaut.

À la 54e minute, Bradley Barcola a conclu une superbe action collective en coupant un centre millimétré au second poteau. En l’espace de six minutes, la France est revenue à 4-2, relançant totalement les dés d’un match que tout le monde pensait scellé.
Prise de doute, l’Angleterre a commencé à reculer, laissant des espaces béants. Mbappé en a profité à la 66e minute pour s’offrir un doublé après une combinaison ultra-rapide à l’entrée de la surface de réparation. À 4-3, l’impossible exploit semblait à portée de main pour la France.
Un final irrespirable Les dernières minutes de la rencontre ont basculé dans une dramaturgie totale. Alors que la France jetait toutes ses forces dans la bataille pour arracher l’égalisation, l’Angleterre a obtenu un penalty crucial à la 87e minute. Sans trembler, Bukayo Saka s’est élancé pour transformer la sanction, s’offrant un triplé d’anthologie et redonnant de l’air aux siens (5-3).
Mais les Bleus ont refusé d’abdiquer. Au bout du temps additionnel (90e+6), Ousmane Dembélé a profité d’un énième ballon mal repoussé pour pousser le cuir au fond des filets et ramener le score à 5-4. Le doute s’est à nouveau emparé du camp anglais pour quelques secondes de pure folie.
L’espoir français s’est néanmoins définitivement envolé à la 90e+8 minutes. Profitant des espaces massifs laissés par une équipe de France totalement déséquilibrée et projetée vers l’avant, Jude Bellingham a mené une contre-attaque éclair pour inscrire le sixième et dernier but anglais, scellant le triomphe définitif des Three Lions.

Des regrets éternels pour la France
Grâce à ce succès dantesque par 6 buts à 4, l’Angleterre s’empare de la médaille de bronze et termine sa Coupe du monde 2026 sur la troisième marche du podium. Les hommes de Thomas Tuchel auront démontré tout au long de la compétition une immense force mentale, une efficacité offensive redoutable et une capacité rare à rebondir après la terrible déception de leur demi-finale perdue face à l’Argentine.
La France, quant à elle, quitte le sol américain avec d’immenses regrets. Son réveil spectaculaire et héroïque en seconde période n’aura pas suffi à effacer le naufrage tactique et technique d’une première mi-temps totalement manquée. Les Bleus échouent ainsi au pied du podium, malgré les deux éclairs de Kylian Mbappé et une réaction d’orgueil unanimement saluée. Une fin de tournoi cruelle, mais un match entré instantanément dans la légende du sport mondial.
Rayan Sofo (Glob’Media)















