Absence présidentielle et « vide juridique » : Le plaidoyer de Cabral Libii pour un choc électoral

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Face au séjour prolongé d’une cinquantaine de jours du Chef de l’État hors du territoire national, le député Cabral Libii monte au créneau. Pointant du doigt une lacune constitutionnelle qui autorise des absences indéfinies sans obligation d’explication pour le gouvernement, le leader du PCRN appelle les citoyens à transformer leur frustration en bulletin de vote d’ici le 31 août.

C’est un chiffre qui fait à nouveau tiquer dans les états-majors politiques et au sein des granges de l’opinion publique : 53 jours. Voilà le nombre de jours que totalise, à ce jour, le dernier séjour du Président de la République hors des frontières nationales. Si une partie de la classe politique et plusieurs médias nationaux comme internationaux s’interrogent ou s’insurgent contre cette absence prolongée, le député Cabral Libii y voit surtout le symptôme d’un problème plus profond : l’existence d’un véritable « vide juridique ».

Dans une sortie récente, le président national du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) souligne l’analysable paradoxe : la législation actuelle ne fixe aucun plafond à la durée du séjour du Chef de l’État à l’étranger. Résultat, cette carence législative « enveloppe de légalité toute absence illimitée du Chef de l’État » et, pire encore, elle exempte le gouvernement de toute obligation légale de s’en justifier devant la représentation nationale ou le peuple.

Changer la majorité pour changer la loi

Pour le parlementaire, se plaindre sur les réseaux sociaux ou dans les salons ne suffira pas à combler cette brèche institutionnelle. Cabral Libii se veut pragmatique : pour fixer des limites et imposer un devoir de redevabilité au sommet de l’État, il faut réviser les textes. Et pour réviser les textes, une condition préalable s’impose : modifier le rapport de force politique au sein de l’Assemblée nationale. « Ceux des citoyens qui souhaitent que ce vide juridique soit comblé doivent savoir que cela n’est possible que s’il y a une autre majorité à l’Assemblée Nationale », rappelle l’élu, renvoyant directement la balle dans le camp des électeurs.

La bataille des listes électorales

Alors que la campagne de révision des listes électorales s’achève le 31 août prochain, l’appel de l’homme politique prend la forme d’un avertissement et d’une mobilisation d’urgence. Pour Cabral Libii, la réponse à l’inertie institutionnelle se trouve dans l’acte d’engagement citoyen : s’inscrire massivement, aller voter le jour venu, mais aussi s’impliquer directement dans la surveillance du scrutin en tant que représentant bénévole des candidats du changement dans les bureaux de vote. À l’approche des échéances cruciales, le débat sur la présence et la gestion du pouvoir à distance relance la question des réformes institutionnelles. Reste à savoir si cette énième polémique autour de la longévité des séjours présidentiels à l’étranger suffira à créer le déclic participatif espéré par l’opposition avant la date butoir du 31 août.

Panisse Istral Fotso

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