La commune de la région du Nord-Ouest s’associe à l’américain Global Ventures of North America (GVNA) pour lancer un projet pilote de transformation des déchets ménagers. Une initiative qui vise à juguler l’insalubrité, combler le déficit électrique local et résorber le chômage des jeunes.
Et si les monceaux d’ordures qui encombraient autrefois nos axes routiers devenaient le moteur économique de nos municipalités ? C’est le défi audacieux que tente de relever la commune de Bamenda II, située dans le département de la Mezam. Confrontée comme la majorité des métropoles camerounaises à une insalubrité chronique et à une saturation des systèmes traditionnels de collecte, la municipalité s’apprête à tourner la page en concluant un partenariat stratégique avec la firme américaine Global Ventures of North America (GVNA).

L’objectif affiché est clair : sortir de la logique du simple ramassage pour entrer dans celle de la valorisation énergétique et matérielle. Il ne s’agit plus d’abandonner les résidus urbains dans des décharges sauvages ou de céder au brûlage à ciel ouvert pratique nocive pour la santé publique, mais de transformer les déchets municipaux et industriels en électricité, en produits énergétiques et en matériaux recyclables. Pour piloter ce déploiement stratégique sur le continent, la compagnie américaine a fait le choix de nommer un Camerounais, Emmanuel Ntoko, au poste de Directeur Afrique de GVNA.
Triple impact : Salubrité, électricité et emploi
Pour le maire de Bamenda II, Chenwi Peter, ce projet représente une réponse globale aux urgences de sa localité. Lors d’une réception organisée samedi dernier en l’honneur du nouveau directeur Afrique, l’édile a rappelé que cette technologie d’extraction d’énergie apportera un souffle nouveau aux structures asphyxiées par les coupures de courant récurrentes, notamment les centres de santé, les unités de conservation sous froid et les PME locales. Au-delà de l’enjeu énergétique et environnemental, l’initiative se veut un véritable vivier d’emplois pour la jeunesse locale. La mise en place de cette nouvelle filière industrielle devrait générer de nombreuses opportunités sur toute la chaîne de valeur : Amont : Collecte, pré-tri et transport des ordures.

Aval : Transformation technique, recyclage et maintenance des installations.
Un impact social salué par le préfet de la Mezam, Simon Émile Mooh, qui voit dans ce modèle un levier efficace pour lutter contre le désœuvrement des jeunes tout en renforçant l’attractivité du territoire auprès des investisseurs privés.
Une vitrine pour l’Afrique centrale
Pour le président-directeur général de GVNA, Steven Williams, l’expérience de Bamenda II n’est que la première étape d’une stratégie d’expansion plus vaste. Considérant le Cameroun comme une « porte d’entrée vers l’Afrique centrale », l’entreprise entend démontrer la viabilité technologique et financière du modèle avant de le répliquer dans d’autres régions du continent.
Toutefois, la réussite de ce virage écologique reposera sur la capacité des acteurs à surmonter d’importants défis logistiques : garantir un approvisionnement continu de la centrale, structurer le tri à la source et sensibiliser les ménages à l’éco-citoyenneté. Si le pari est tenu, Bamenda II pourrait bien devenir le phare d’une gestion moderne et rentable des ordures urbaines au Cameroun.
Rayan Sofo (Glob’Media)










