Plastique : À Douala, une bouteille usagée peut encore avoir de la valeur

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Une bouteille plastique jetée dans la rue semble avoir atteint le terme de son parcours. Dans la cité économique, comme partout ailleurs, elle peut reprendre le chemin de l’industrie. Collectée, triée et correctement traitée, elle retrouve une valeur sous une autre forme. C’est ce processus que la Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) a donné à voir aux professionnels des médias, lors d’une immersion organisée le 7 août 2026 au sein d’une entreprise spécialisée dans le recyclage du plastique.

Sur place, la transformation commence bien avant l’intervention des machines. Les bouteilles sont d’abord réceptionnées, puis triées. Certaines sont retenues, d’autres écartées en fonction de leur aptitude au traitement. Une étape essentielle, qui rappelle que le recyclage repose aussi sur une importante intervention humaine. Une fois sélectionnés, les emballages sont nettoyés avant d’être introduits dans les équipements de broyage. Ils sont réduits en fragments, puis transformés en granulés. À la sortie de la chaîne, la bouteille telle que le consommateur la connaît a disparu. Sa matière, elle, demeure exploitable. Ces granulés peuvent être commercialisés auprès d’autres entreprises pour servir notamment à la fabrication de préformes destinées à produire de nouvelles bouteilles. Le plastique réintègre ainsi le cycle industriel au lieu de devenir un déchet définitif. Derrière cette transformation se dessine toute une activité économique. Collecte, tri, transport, traitement et transformation mobilisent différents profils et génèrent des emplois à chaque étape de la chaîne.

Pour les acteurs du secteur, le potentiel reste important. Le développement des unités de recyclage, associé à une meilleure organisation de la collecte, pourrait favoriser l’émergence de nouvelles activités et offrir davantage de débouchés professionnels. Cette dynamique intervient alors que se profile une échéance majeure. À compter du 1er décembre 2026, de nouvelles exigences doivent s’appliquer en matière d’utilisation du PET recyclé local, avec un objectif d’incorporation de 30 % de matière recyclée dans les emballages concernés. Pour les entreprises, le compte à rebours est donc engagé. Mais l’application de cette mesure suppose de disposer de volumes suffisants de matière recyclée. Cela passe par une collecte plus régulière, un tri mieux organisé et des capacités industrielles adaptées.

La transition vers une économie circulaire ne repose donc pas sur les seuls recycleurs. Elle exige la mobilisation de l’ensemble des acteurs. Les pouvoirs publics doivent accompagner la structuration de la filière. Les entreprises doivent anticiper les nouvelles exigences et adapter leurs pratiques. Les opérateurs du recyclage doivent renforcer leurs capacités. Quant aux consommateurs, ils restent un maillon essentiel à travers le tri et la récupération des emballages.

L’immersion organisée par la FOCACO se veut précisément pédagogique. Elle permet de mesurer, sur le terrain, le chemin parcouru par une bouteille entre son abandon et sa transformation en matière exploitable. À Douala, le constat est simple : abandonnée, une bouteille devient une source de pollution ; récupérée et valorisée, elle peut devenir une ressource. L’enjeu est désormais de transformer cette seconde vie du plastique en une véritable filière industrielle, capable de créer de la valeur et des emplois, tout en contribuant durablement à la réduction de la pollution plastique au Cameroun.

Natacha Mbarga (Glob’Media)

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