Université de Douala : L’intelligence artificielle à l’épreuve du journalisme économique au Cameroun

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Soutenu à l’Université de Douala par Kenne Takem, un mémoire de Master explore l’intégration de l’intelligence artificielle générative dans le journalisme économique local. Entre faible appropriation, contraintes techniques et défis éthiques, l’étude dresse un état des lieux critique et formule des pistes d’action pour la profession.

Soutenu dimanche dernier à l’Université de Douala, le mémoire de Master de Kenne Takem explore l’intégration de l’intelligence artificielle générative dans le journalisme économique camerounais. À l’issue de la soutenance, le candidat a obtenu la note de 15,5/20, assortie de la mention Bien. Devant un jury de trois membres, Kenne Takem a défendu son travail intitulé : « Le journalisme économique face aux défis de l’intelligence artificielle au Cameroun ». Sa recherche s’est intéressée aux mutations que ces nouvelles technologies sont susceptibles d’engendrer dans la pratique quotidienne des journalistes économiques locaux.

Le jury était présidé par M. Simon Ngono, maître de conférences, assisté du Docteur Thomas Mbarga Mekongo (examinateur) et du Docteur Marie Tchatchouang (rapporteur).

Une faible appropriation de l’IA

Dans son exposé, le candidat a souligné la pénétration rapide de l’intelligence artificielle générative au sein des médias à l’échelle globale. Il a rappelé que de nombreuses rédactions internationales intègrent désormais ces outils à différentes étapes de la chaîne de production de l’information. Au Cameroun, l’étude révèle toutefois une adoption encore très timide par les journalistes économiques. « Sur les six journalistes interrogés dans le cadre de cette recherche, un seul a déclaré utiliser régulièrement l’intelligence artificielle générative », a précisé le chercheur. Cette faible utilisation s’explique principalement par des contraintes infrastructurelles et financières, un déficit de compétences numériques, ainsi que des réticences d’ordre professionnel.

Une enquête qualitative ciblée

La recherche s’articule autour d’une question centrale : comment les journalistes économiques camerounais intègrent-ils l’intelligence artificielle générative dans leurs méthodes de travail ? Les résultats confirment l’hypothèse principale selon laquelle ces professionnels n’ont pas encore assimilé l’IA générative dans leurs routines quotidiennes. Le chercheur a privilégié une démarche qualitative et inductive. La collecte des données repose sur l’observation, l’administration d’un questionnaire et la conduite d’entretiens semi-directifs auprès de journalistes économiques, d’un rédacteur en chef et de responsables syndicaux. L’objectif était de comprendre les usages réels et les freins à l’appropriation de ces technologies, plutôt que de viser une représentativité statistique. L’étude met également en lumière une divergence d’attitudes au sein de la profession. Si certains acteurs adoptent une posture prudente mais pragmatique, d’autres manifestent du scepticisme, voire un rejet franc. Les craintes exprimées touchent notamment au risque de dépendance technologique et à la dévalorisation du savoir-faire journalistique.

Des recommandations opérationnelles

Pour répondre à ces enjeux, Kenne Takem préconise l’organisation de sessions de formation continue destinées aux journalistes économiques, la rédaction de chartes déontologiques spécifiques à l’usage de l’IA, ainsi que l’élaboration d’un cadre réglementaire adapté au contexte sociotechnique camerounais. Au terme de la présentation et des échanges, cette soutenance aura permis de poser un diagnostic clair sur les défis majeurs qui attendent le journalisme économique camerounais à l’ère de l’intelligence artificielle.

Francine oïza (Glob’Media)

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