Soutenu le 7 août dernier à l’université de Douala, un mémoire de master explore la communication du gouvernement camerounais sur l’innovation technologique et numérique. L’étude met en évidence les difficultés rencontrées par les jeunes, malgré les différents programmes publics en faveur de l’entrepreneuriat.
16,5/20, assorti de la mention très bien : c’est la note qui a sanctionné le mémoire d’Alice Princesse Penda. La candidate a présenté ses travaux devant un jury composé du Pr Louis Kemayou (professeur titulaire en SIC au département de communication de la FLSH, président), du Dr Lotin Mouasso (spécialiste en communication publique) et du Pr Jacques Temadjo (maître de conférences et directeur de mémoire). Ce travail de recherche s’intéresse particulièrement aux jeunes de la ville de Douala. La candidate a cherché à comprendre l’écart entre les discours officiels sur le numérique et les réalités vécues sur le terrain. Son sujet s’intitule : « La communication publique du gouvernement camerounais sur l’innovation technologique et numérique dans l’entrepreneuriat jeune ». Sa problématique s’articule autour d’une question centrale : comment la communication publique gouvernementale sur l’innovation numérique révèle-t-elle le décalage entre les discours politiques et les pratiques du terrain, de manière à construire des représentations sociales mitigées chez les jeunes de Douala ? Selon les résultats de son étude, les jeunes diplômés restent confrontés à de nombreux obstacles : le chômage persistant, le manque d’accès aux financements ; Le coût élevé de la connexion Internet et des équipements technologiques, l’insuffisance des structures d’accompagnement. « Cette mention m’a profondément émue. La recherche scientifique est un univers exigeant. J’ai rencontré de nombreuses difficultés, mais avec le soutien de mon directeur de mémoire, le Pr Jacques Temadjo, les précieux conseils des enseignants du département de communication et la bienveillance des personnes rencontrées sur le terrain, j’ai réussi à produire un travail scientifique apprécié par le jury », confie la candidate.

Les difficultés du terrain passées au crible
Pour mener à bien son étude, l’étudiante s’est appuyée sur une méthodologie qualitative combinant observations directes, recherches documentaires et entretiens approfondis avec de jeunes diplômés. L’étude révèle que si les politiques publiques présentent l’innovation numérique et l’entrepreneuriat comme la solution clé au chômage, la réalité reste nuancée. La chercheuse met également en lumière une faible culture numérique et entrepreneuriale chez certains jeunes, ce qui complique davantage leur insertion professionnelle. « Ce mémoire de recherche est le fruit d’un long et enrichissant parcours académique. J’espère qu’il contribuera à améliorer les conditions d’insertion professionnelle des jeunes Camerounais. Je ne compte pas m’arrêter là : j’ai l’intention de poursuivre mes études en doctorat si les conditions me le permettent », explique l’étudiante chercheuse.
Des recommandations opérationnelles
En conclusion, ce travail formule plusieurs recommandations concrètes pour orienter la décision publique : adapter les politiques publiques aux réalités quotidiennes et aux besoins réels des jeunes Camerounais, renforcer les infrastructures numériques pour réduire les coûts d’accès, faciliter l’accès aux financements et structurer un meilleur accompagnement pour les jeunes entrepreneurs.
Francine Oïza (Glob’Media)














