Le gaz domestique peine à faire son retour sur les marchés camerounais.
Depuis plusieurs mois, les villes camerounaises font face à une pénurie persistante de gaz domestique. Une situation qui affecte considérablement les ménages, surtout en pleine rentrée scolaire où il faut se lever tôt pour apprêter le lunch des tout-petits. De nombreux parents se voient dans l’obligation de recourir aux anciennes méthodes traditionnelles comme le feu de bois, le charbon ou encore les réchauds à pétrole afin de mettre à manger sur la table.
Le calvaire des ménages
Aimé TCHINDA s’est confié à notre micro. Il revient sur les difficultés rencontrées dans son ménage depuis la rareté du gaz :
« Depuis le mois de juin, c’est invivable. J’ai passé deux jours sans mettre la marmite au feu, le temps pour moi de pousser la réflexion sur comment faire et psychologiquement j’étais même abattu. Je me suis trouvé obligé de cuisiner au feu de bois malgré tous les dégâts que cela comporte : fumée, coût élevé, peinture des locaux salie, bailleur mécontent, etc. J’étais obligé de trouver un budget pour me procurer une plaque électrique qui malheureusement est très lente à cause de la baisse de tension excessive, des coupures intempestives du courant électrique et des factures élevées, sans oublier les risques d’électrocution »
Flambée des prix : des commerçants véreux en profitent
Face à la situation, certains commerçants véreux en profitent pour se lécher les doigts. Sans l’avis des autorités compétentes, ils doublent le prix du combustible. Et quand le gaz est présent dans quelques coins, les ménages se l’arrachent comme de petits pains. « Certains fournisseurs laissent le gaz au prix de 11 000 F, mais je n’ai pas eu le budget nécessaire pour m’en procurer, jusqu’au jour où un mototaxi me signale l’arrivée du gaz dans une station-service où j’ai déboursé 2000 F pour qu’il aille le chercher et c’était au prix de 6500 F » réagit-il.
Des bouteilles à moitié remplies ?
Serait-il possible que certains diminuent le contenu des bouteilles ? Massossi dit en être victime. Il n’a pas caché sa frustration à notre micro : « Depuis que cette affaire de pénurie de gaz a commencé, je garde un mauvais souvenir d’une station. Je suis personnellement allé à la station pour faire une recharge de gaz et j’ai pris avec moi la bouteille de 15 kg. Par la suite, la bouteille n’a même pas fait deux semaines et trois jours. Après, je me suis rendu à la même station pour du carburant. J’ai essayé de discuter avec la pompiste et elle m’a fait comprendre que plusieurs clients sont revenus avec les bouteilles pour ce même fait et que les clients se plaignaient du fait que le gaz finissait vite » Ahmed POUMIÉ
C’est désormais de bouche à oreille que des Camerounais bravent la pluie et le soleil pour aller à des centaines de kilomètres se procurer ce qu’ils appellent désormais le précieux sésame. Véritable parcours du combattant entre files d’attente interminables, les Camerounais semblent avoir perdu tout espoir.
Des pistes de solutions proposées
Certains proposent des solutions pour résoudre définitivement ce problème : « Anticiper la commande et ne pas attendre qu’une cargaison arrive pour en commander encore et prévoir l’avenir, soit en sollicitant à nouveau Perenco qui stockait le gaz dans le sol, soit revenir à un nouveau contrat avec le bateau de la Norvège qui est aussi en fin de contrat. La meilleure solution c’est de construire une raffinerie pour le gaz, ce qui reviendrait moins coûteux. Et de nommer des personnes qui méritent à des postes de responsabilité dans les différentes structures chargées de la gestion du gaz telles que la SCDP, les Hydrocarbures, et non ceux qui viennent faire des démonstrations de leurs postes » argue Aimé TCHINDA. Pour mémoire, il est important de rappeler que le Cameroun dépend à environ 80% des importations pour son approvisionnement en gaz domestique.
Lisa Youmssi (Glob’Media)









