Plus de 100 morts dans un éboulement : Maurice Kamto accuse les « mafias de l’or » et exige justice

0
4

Dans une déclaration rendue publique ce 19 août 2026, le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) réagit au drame survenu la veille sur un site minier artisanal à l’Est du pays. Tout en présentant ses condoléances, l’opposant pointe du doigt la responsabilité de l’État et des réseaux criminels.

Le bilan encore provisoire fait froid dans le dos. Plus de cent personnes ont perdu la vie le 18 août 2026 à Zamboi, une localité située dans l’arrondissement de Garoua-Boulai (région de l’Est-Cameroun), à la suite d’un glissement de terrain dévastateur sur un site d’exploitation artisanale d’or. Alors que les secours s’activent toujours sur le terrain pour tenter d’extraire des survivants ou de récupérer les dépouilles des victimes enfouies sous la terre, le drame suscite déjà de vives réactions au sein de la classe politique.

Réagissant à cette catastrophe dès le lendemain, le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a exprimé son indignation et sa compassion dans une déclaration officielle signée depuis Yaoundé.

Une tragédie sociale et sécuritaire

Tout en adressant les condoléances du MRC aux familles éprouvées et ses encouragements aux équipes de secours mobilisées sur le terrain, l’opposant politique ne mâche pas ses mots sur les causes profondes de cette tragédie. Pour Maurice Kamto, ce drame met en lumière le désespoir dans lequel croupissent de nombreux Camerounais. « Ce drame dévoile l’inhumanité de ceux qui s’enrichissent de l’exploitation illégale des minerais. Ils ne se préoccupent nullement des conditions dans lesquelles des compatriotes poussés par la misère opèrent sur des sites miniers sauvages, sans la moindre sécurité », martèle-t-il. Le leader du MRC dénonce l’abandon et l’exploitation cynique dont sont victimes ces populations vulnérables de la part des autorités et des élites régionales. « Les responsables politiques et administratifs, les élites locales qui prétendent bruyamment parler au nom de ces humbles personnes ravagées par la pauvreté devraient les protéger en veillant au respect des lois (…) au contraire, ils les exploitent sans vergogne », accuse l’homme politique.

L’ombre des « mafias de l’or »

Au-delà de l’aspect humain et sécuritaire, la sortie de Maurice Kamto s’inscrit dans un contexte de tensions politiques accrues autour de la gestion des ressources naturelles au Cameroun. Établissant un lien direct entre ce drame et le fameux « scandale de l’or » qui défraye la chronique, le président du MRC accuse certaines figures du pouvoir de complicité avec les réseaux d’exploitation illégale.

Selon lui, la récurrence de ces drames est le symptôme d’un système corrompu : « Ce faisant, ils se rendent complices de ce qu’on a appelé les « mafias de l’or » dans ses ramifications nationales et internationales. Il est plus que temps que l’État s’émancipe de ces réseaux criminels pour faire de l’exploitation des minerais au Cameroun une activité profitable pour le Trésor public et utile à l’amélioration du bien-être des populations locales ». Maurice Kamto appelle l’appareil judiciaire à sortir de son inertie. Il exige l’accélération des procédures judiciaires relatives à la gestion du secteur minier afin d’assainir cette filière, de punir les coupables et de rétablir la souveraineté de l’État sur ses richesses nationales.

Alors que les opérations de fouille se poursuivent dans les décombres de Zamboi, cette prise de parole ferme remet au centre du débat public la question de la gouvernance minière et de la sécurité des travailleurs de l’ombre dans l’Est du Cameroun.

Panisse Istral Fotso

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here