Le Groupement de Gendarmerie Territoriale a mis fin aux activités d’un laboratoire de contrefaçon au quartier Tocket, dans la nuit du 18 au 19 juin 2026. Le cerveau de ce réseau, qui mettait en péril la santé des populations, est activement recherché.
Le coup de filet est magistral, mais le constat qu’il laisse derrière lui fait froid dans le dos. Dans la nuit du 18 au 19 juin 2026, les éléments du Groupement de Gendarmerie Territoriale de Bafoussam ont investi et démantelé une véritable usine de contrefaçon de boissons alcoolisées au quartier Tocket. Dissimulée derrière des champs de maïs pour échapper aux regards indiscrets depuis la voie publique, la bâtisse abritait un réseau criminel de grande envergure.
Sur les lieux, la gendarmerie a découvert un spectacle effarant : des montagnes de bouteilles vides, des casiers et cartons de bière prêts à l’emploi, et surtout, un puits à l’eau douteuse associé à de simples seaux pour mélanger les breuvages. Le cœur de ce « laboratoire de la mort » reposait sur une table chargée de produits chimiques et d’arômes artificiels, servant à donner l’illusion du goût de marques pourtant très prisées et consommées par les Camerounais.
Une contrefaçon de haute précision
Pour écouler leur marchandise empoisonnée sans éveiller les soupçons, les faussaires ne lésinaient pas sur les moyens logistiques. Une machine à capsuler tournait à plein régime, tandis qu’une autre table regorgeait de documents administratifs falsifiés, de cachets et d’étiquettes d’une qualité d’impression irréprochable. Bières locales, vins rouges de table et même grands crus : tout y passait, imité à la perfection pour tromper la vigilance des consommateurs.
« Nous sommes tombés sur une usine d’un autre genre. Elle fabrique divers types de boissons frelatées, nocives et dangereuses pour la santé de nos populations, alors même que ce sont des marques très prisées », s’est indigné le lieutenant-colonel Tang Fils, commandant du Groupement de Gendarmerie Territoriale de Bafoussam.
Si le matériel a été saisi, le propriétaire des lieux et ses complices ont réussi à prendre la fuite juste avant l’assaut. Ils font désormais l’objet d’un avis de recherche national. Une enquête judiciaire a immédiatement été ouverte pour remonter la filière, identifier les complices et surtout localiser les circuits de distribution qui approvisionnent déjà les marchés et débits de boisson de la région.
Un appel pressant à la vigilance citoyenne
Ce succès opérationnel met une nouvelle fois en lumière l’importance du renseignement prévisionnel. Le lieutenant-colonel Tang Fils n’a pas manqué de saluer la bravoure et la collaboration de la population locale qui a permis de localiser le site. Il appelle toutefois à une prise de conscience collective face au péril sanitaire que représentent ces liquides frelatés, dont la consommation expose à de graves intoxications, des troubles neurologiques, voire à une mort subite en cas de présence de méthanol.
Pour éviter le pire, les autorités et les experts recommandent désormais aux consommateurs de passer au crible trois éléments essentiels avant tout achat :
Le cachet de sécurité : Il doit être intact, hermétique et difficile à reproduire.
L’étiquetage : Une mauvaise qualité d’impression, un collage asymétrique ou des fautes d’orthographe doivent immédiatement alerter.
Le circuit de vente : Il faut impérativement fuir les prix anormalement bas et privilégier les points de distribution officiels ou reconnus.
À l’approche des grands rassemblements, la prudence reste de mise dans la capitale de la région de l’Ouest. La gendarmerie, quant à elle, promet de ne pas relâcher la pression tant que les coupables courront encore les rues.
Franck Régis Kamegne (Glob’Media)









