Diplomatie : Clotilde Monkam installée à Douala comme représentante consulaire honoraire de l’Afrique du Sud

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À Douala, la diplomatie sud-africaine s’appuie désormais sur une nouvelle représentante. Clotilde Monkam a reçu son exequatur le 18 août 2026, officialisant son installation comme représentante consulaire honoraire de l’Afrique du Sud dans la capitale économique du Cameroun. Entre diplomatie de proximité, coopération économique et rapprochement entre les peuples, elle entend donner une portée concrète à cette nouvelle mission.

La scène était solennelle, mais le message se voulait résolument tourné vers l’avenir. Le 18 août 2026 à Douala, Clotilde Monkam a officiellement pris ses fonctions. La remise de son exequatur, en présence des autorités administratives, municipales, diplomatiques et consulaires, marque le début d’une mission qu’elle souhaite inscrire dans le renforcement des relations entre Yaoundé et Pretoria. Dès sa première prise de parole, la nouvelle représentante a fixé le cap : « renforcer les ponts ». Des ponts entre les entreprises camerounaises et sud-africaines, mais aussi entre les étudiants, les artistes et les acteurs culturels des deux pays. À cette diplomatie des échanges s’ajoutent des secteurs comme le tourisme et la santé, qu’elle considère comme autant de terrains de coopération possibles.

Le choix de la capitale économique n’est pas anodin : « Pourquoi Douala ? Parce que Douala est le poumon économique du Cameroun et une porte d’entrée vers l’Afrique centrale. » Une position stratégique qu’elle entend mettre à profit pour rapprocher les milieux d’affaires et favoriser de nouvelles collaborations.

Cette ambition intervient alors que le Cameroun et l’Afrique du Sud cherchent à redynamiser leurs relations économiques. En septembre 2024, les deux pays avaient notamment évoqué la relance de leur Commission mixte, dont les travaux ne s’étaient plus tenus depuis 2018. L’enjeu est d’apporter davantage de profondeur aux échanges commerciaux et aux investissements bilatéraux.

Dans ce dispositif, ce relais consulaire peut se révéler particulièrement utile : créer des contacts, faciliter les démarches, orienter les ressortissants et servir d’interface entre les acteurs locaux et la représentation diplomatique.

Clotilde Monkam entend justement donner cette dimension à son mandat : « Être consul honoraire, ce n’est pas un titre. C’est un service. » Ce service s’adresse aux ressortissants sud-africains établis ou de passage dans sa circonscription, mais également aux Camerounais qui souhaitent se rendre en Afrique du Sud pour étudier, investir, entreprendre ou nouer des partenariats.

La nouvelle représentante sud-africaine n’arrive d’ailleurs pas en terrain inconnu. En mai 2023, elle avait déjà été installée comme consule honoraire de Namibie à Douala, après avoir reçu son exequatur. Cette première expérience lui a permis de se familiariser avec les exigences de la représentation consulaire et les enjeux de la diplomatie économique.

Pour définir l’esprit de son mandat, Clotilde Monkam a convoqué une référence qui dépasse le seul cadre institutionnel : l’Ubuntu. « Je suis parce que nous sommes. » Cette philosophie africaine résume sa vision d’une diplomatie qui ne se limite pas aux échanges officiels, mais vise à rapprocher les sociétés, à faciliter la circulation des idées et à créer des passerelles entre les populations.

Par Natacha Mbarga

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