Téléphones non dédouanés : Le ministre des Finances met la pression

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Après le fiasco de l’ultimatum du 25 mai dernier, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, fixe une nouvelle date couperet. Dès le 1er septembre 2026, tous les terminaux numériques non en règle et connectés aux réseaux locaux après le 1er avril subiront une suspension stricte.

Le gouvernement camerounais repasse à l’offensive contre la contrebande d’équipements numériques. Dans un communiqué signé le 20 août 2026, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, annonce le blocage systématique, dès le 1er septembre 2026, de l’ensemble des téléphones portables, tablettes et autres terminaux mobiles non dédouanés à leur entrée sur le territoire national après le 1er avril 2026. La mesure vise précisément trois catégories d’appareils : les terminaux non dédouanés se connectant pour la première fois à un réseau télécom local. Les appareils connectés après le 1er avril 2026 dont les propriétaires ont ignoré les messages d’alerte et de relance. Les équipements activés de façon groupée par une même carte SIM après cette date repère, sans utilisation continue par la suite.

Le spectre du premier fiasco

Cette sortie administrative intervient tout juste trois mois après l’échec d’une première tentative de force. Le 18 mai 2026, le directeur général des douanes avait sommé les trois grands opérateurs de téléphonie mobile du pays : MTN Cameroun, Orange Cameroun et Camtel de procéder au blocage des appareils non enregistrés avant le 25 mai. Une injonction restée lettre morte.

À l’époque, les compagnies de téléphonie avaient opposé de vives réserves techniques et logistiques. Outre l’incapacité technologique à orchestrer un blocage automatique dans des délais aussi forts, les opérateurs mettaient en avant la complexité liée aux IMEI multiples ou falsifiés, ainsi que l’absence d’un protocole clair pour la gestion des réclamations et la réactivation des lignes après régularisation douanière.

Vers une harmonisation technique avec les opérateurs ?

Le récent communiqué ministériel reste muet sur la levée effective de ces verrous techniques. Néanmoins, Louis Paul Motazé y salue la « bonne collaboration de tous les acteurs impliqués », suggérant qu’un terrain d’entente a été trouvé avec les compagnies de télécommunication pour rendre le dispositif opérationnel à compter du mois de septembre. Institué par la loi de finances 2023 et officiellement mis en service en mars 2026, ce système repose sur le traçage des numéros IMEI via une plateforme numérique unique gérée par la douane camerounaise.

25 milliards de FCFA à recouvrer

L’enjeu financier est majeur pour le Trésor public. Selon les données de la Douane, le Cameroun importe environ 4 millions de terminaux mobiles par an. Pourtant, gangrenée par le secteur informel et la contrebande, la collecte des droits de douane sur ces produits s’est effondrée. Alors qu’elle générait près de 2 milliards de FCFA par mois dans les années 2000, elle plafonne aujourd’hui à moins de 100 millions de FCFA mensuels.

En réimposant ce mécanisme de prélèvement direct sur le réseau, les autorités espèrent stopper l’évasion fiscale et capter au moins 25 milliards de FCFA de recettes annuelles. Les usagers, quant à eux, disposent de quelques jours pour se conformer au risque de voir leurs écrans définitivement coupés du réseau.

Rayan Sofo (Glob’Media)

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