Alerte sur l’agriculture : pourquoi le PIB camerounais piétine à 3,5 % en 2025

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L’économie camerounaise a maintenu son rythme de croissance à 3,5 % en 2025, selon les Comptes nationaux publiés en septembre 2026 par l’Institut national de la statistique (INS). Les services et les BTP figurent parmi les principaux moteurs, tandis que le ralentissement agricole et le commerce extérieur pèsent sur l’activité.

Le Produit intérieur brut (PIB) a progressé de 3,5 % en 2025, au même rythme qu’en 2024. Cette performance intervient dans un contexte international marqué par le ralentissement des échanges et la poursuite de la désinflation. Le secteur tertiaire reste le principal moteur de l’économie avec une croissance de 4,3 %. Les activités d’information et de communication progressent de 10,3 %, tandis que les activités financières augmentent de 9,2 %.

Le secteur secondaire s’est également redressé, passant de 1,7 % en 2024 à 2,6 % en 2025. Les BTP enregistrent une progression de 4,3 %, portée notamment par la reprise des activités de construction. Les industries agroalimentaires et manufacturières contribuent également à cette amélioration.

À l’inverse, le secteur primaire ralentit nettement. Sa croissance passe de 3,6 % à 1,8 %, principalement en raison du ralentissement de l’agriculture, dont la progression se limite à 1,1 %. L’élevage et la pêche affichent toutefois de meilleures performances, avec respectivement 3,8 % et 4,8 %. Du côté de la demande, la consommation finale progresse de 4,6 %, portée par la consommation privée, en hausse de 4,9 %. L’investissement augmente plus modestement, de 1,9 %. Le commerce extérieur constitue toutefois un frein à la croissance. Les exportations progressent de 1 %, alors que les importations augmentent de 5,1 %. Le solde des échanges extérieurs contribue ainsi négativement à hauteur de 0,8 point à la croissance, contre -0,2 point en 2024. Les écarts avec les précédentes projections s’expliquent par la disponibilité des nouveaux comptes nationaux. La BAD avait estimé la croissance à 3,7 % en 2025, contre 3,1 % pour les projections du FMI. Les données définitives de l’INS établissent désormais la croissance à 3,5 %. Pour 2026, l’INS table sur la poursuite des investissements productifs dans l’agriculture, l’industrie et le secteur minier, dans un contexte international encore marqué par les tensions géopolitiques. Le FMI prévoit, pour sa part, une croissance de 3,3 %.

Au total, l’économie camerounaise reste portée par les services et le redressement du secondaire. Les BTP se distinguent avec une croissance de 4,3 %, supérieure à celle de l’économie nationale. Le ralentissement agricole et la progression plus rapide des importations que des exportations restent toutefois des facteurs de fragilité.

Natacha Mbarga (Glob’Media)

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