L’industrie sidérurgique
Les attentes des populations en matière de ce que l’Etat en tant qu’entité devrait faire pour booster le développement de l’industrie sidérurgique ; et comment le Cameroun peut-il mieux exploiter son fer.
En fait, le développement d’une industrie sidérurgique durable passe par la sécurisation de matière première principale qui vraisemblablement est le fer. Malheureusement nous avons un problème sérieux qui est lié à la connaissance approximative de notre sous-sol. Les gisements de fer qui ont fait l’objet dès signature des conventions minières suivis de la délivrance des permis d’exploitation ont été tous découverts à l’époque coloniale. En 60 ans le Cameroun n’a pratiquement pas amélioré le niveau de connaissance de son sous-sol, ce qui nous met généralement en position faiblesse lorsqu’il faut négocier avec les opérateurs miniers car ils maîtrisent mieux notre sous-sol que nous. Le secteur minier Camerounais n’est pas attractif, nous avons du mal à faire de notre pays une destination minière, les opérateurs mondialement connus tardent à venir au Cameroun et du coup ceux qui arrivent sont en majorité des juniors sans capacités financière et technique et ont pour seul objectif prendre nos titres miniers pour aller sur des places boursières faires de la spéculation, lever de l’argent qui n’arrive jamais au Cameroun, les projets prennent du temps pour entrer en exploitation et parfois sont abandonnés. Résultats 60 ans après les indépendances le Cameroun n’a toujours pas une mine moderne, l’apport du secteur minier dans le budget national est en dessous d’1%, les ingénieurs des écoles des mines qui sont formés sont au quartier sans emplois. Il faut donc développer une nouvelle doctrine de développement de notre secteur minier, assainir le secteur, faire un audit de notre cadastre minier, revoir les conventions minières déjà signées, faire une révision du code miniers, créer un ministère uniquement des mines, lancer une vaste campagne de l’étude du sous-sol Cameroun afin de transformer son potentiel géologique en potentiel minier. Faire de la promotion de notre secteur minier afin d’attirer les opérateurs qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs…. capable de donner la possibilité aux chef de l’ État d’ inaugurer au moins deux mines (fer et Or) modernes aux standards internationaux au cours de ce septennat. La transformation locale des minerais bruts en produits finis devra aussi faire partie de la nouvelle doctrine minière. La construction des usines sidérurgiques pour transformation du fer et de la bauxite et des raffineries pour l’affinage de l ‘Or devront faire partie intégrante des projets miniers. L’Etat devra jouer son rôle dans la mise en place des infrastructures telles que des chemins de fer, terminal minéralier, port en eau profonde et surtout assez d’énergie pour alimenter les usines sidérurgiques. Car sans énergie suffisantes nous courrons un risque de nous retrouver dans les mêmes situations que le Gabon ou le politique est avancé avec la réalité sur le terrain (ils ont annoncé la fin des exportations du manganèse au profit de la transformation locale et ce sont retrouvés face à l’insuffisance de l’énergie dans la réalité). Il faudra aussi se rassurer que nous avons de la main d’œuvre camerounaise qualifiée. Car l’industrie sidérurgique en dehors de sa portée économique et financière a aussi pour objectif la création d’emplois pour les nationaux. Une industrie minière bien pensée peut facilement générer 100,000 emplois directs et 200,000 emplois indirects de quoi drastiquement réduire le taux de chômage et de le placer en dessous 20% d’ici 2032.
Dr Bareja Youmssi
Expert en mines et pétrole
Enseignant chercheur














