Infanticides, suicides, violences conjugales et poids des dogmes : de quoi la mort au sein du foyer est-elle le nom ? Face à un fait divers effroyable où une mère empoisonne ses trois enfants avant de s’ouvrir les veines, le Professeur Fotso Djemo, psychologue et psychanalyste, dissèque les nœuds gordiens de la parenté africaine. Entre le poids écrasant de la dot, le conflit insoluble entre Code civil, coutume et religion, et le silence des traumatismes intergénérationnels, décryptage d’une société où les apparences du couple finissent par tuer.
Mariage, dot et rapports de pouvoir. Les liens du mariage et leurs éventuels conflits. La mère meurtrière de ses 3 enfants (par un poison), puis suicidée (ouverture des veines), nous confronte à une triple soustraction : les liens de filiation (« on n’a plus, on n’a pas eu d’enfant »), les liens d’alliance (elle rend son conjoint veuf), les liens de consanguinité (s’il y a une fratrie). Tout drame familial interroge ces trois axes de la parenté, obligeant à questionner les conflits entre mariages civil, religieux et coutumier. Le passage à l’acte surviendrait quand un sujet perd l’articulation (ou se perd dans l’articulation) de ces axes de son identité (venant contredire ou confirmer «l’indissolubilité du mariage… du lien de sang…», puisque «seule la mort nous séparera»). D’un côté le dogme, obligeant à tout accepter au nom de l’intégrité familiale ; de l’autre, la possibilité (si réduite par la honte du «On va dire quoi ?») de la séparation (mot ambivalent lui aussi). Etre dans des liens toxiques, comme «la corde au cou» (enchaîné, esclavagisé), puisque ce n’est pas le bonheur qui est l’objectif, mais le statut et les apparences. «Ce que Dieu a uni, personne ne peut le délier…» : discours religieux, contre le Code civil qui autorise pourtant le divorce. Ce sont souvent les belles-familles qui se rejettent la responsabilité de l’échec (« votre fille…votre fils…n’est pas ce qu’on croyait…famille de sorciers…je savais bien…je vous avais bien dit…»). Le mariage coutumier fait du beau-fils «un fils parmi les autres» et de la brue «une fille parmi les autres», les beaux-frères deviennent «mes maris» et des «papas» pour les enfants, les belles-sœurs «mes épouses… les mamans…». Le mari devient « papa » et l’épouse « maman », dans le langage des 2 partenaires, dès la naissance du premier bébé. Comme pour marquer la fragilité de l’interdit de l’inceste que le mariage est censé garantir (avec la loi d’exogamie en particulier), aux risques de confusions et de clivages entre les statuts de conjoint, de parent, de consanguin. Les rôles de production (faire des enfants, les nourrir, les élever) et de reproduction (élargir le cercle familial, transmission du NOM, conformisme social) prennent ainsi le pas sur la relation de couple choisie librement. Laquelle comporte elle-même sa part inconsciente de transfert parental et de transmission intergénérationnelle, de devoir de loyauté familiale, pour l’un comme pour l’autre (dont les incestes, les violences de tous genres). C’est tout cela qui se conflictualise et suscite des pulsions agressives et meurtrières. Faute de savoir « laver son linge sale en famille » ! A moins que le meurtre en soit la seule issue.

Ainsi de la relation de couple vite parasitée par ce que Freud nommait «le tiers exclu» (en fait tiers inclus) : l’image tabou de la belle-mère, l’omniprésence d’un amant fantasmé ou réel (« les bureaux »), ou des enfants eux-mêmes vécus comme encombrants. Le meurtre de trois enfants évoqués plus haut, en fait peut-être «des enfants mal nés» : en amont (ils n’auraient pas dû naître) ou en aval (qu’ont-ils vécu avant que la mère leur donne la mort), et avec leur mort (« ils ne laisseront pas tranquilles » les survivants). Enfants symptômes des pathologies familiales ? Comment savoir si une femme qui tue trois enfants puis se tue elle-même ne se tuait pas déjà à travers eux (psychiquement et socialement morte, dans sa dignité, avant l’irréparable)? Avoir choisi le poison pour les tuer, observer ses effets progressifs, avant d’ouvrir ses propres veines : avec jouissance ou horreur ? Comme tout être humain «ayant trop accumulé», subissant ses pulsions morbides, tuant et se tuant sans crainte des suites (culpabilité, honte, enfer). Soit par dénégation (représentation, « ce n’est pas que je ne les aime pas »), soit par déni (la réalité de ses grossesses et de la vie après les accouchements). Tuer, comme effraction à l’identité de la grande famille : à QUI, pour QUI, avait-elle «donné» ces enfants ? N’appartenant plus à sa propre famille, ne donnant plus de sens à une vie conjugale, n’ayant plus d’estime de soi suffisant, n’ayant de confiance en qui que ce soit. Combien d’autres morts dans son histoire intergénérationnelle (avortement, inceste, accidents…) ? Comme dans cette histoire d’un jeune couple qui confie leurs 4 enfants à leur grand’mère : ceux-ci sont enlevés et assassinés par un homme de 25 ans, arrêté en tentant de dissimuler les corps. On imagine le drame de cette grand’mère : entre douleur d’avoir perdu ses petits-enfants, la culpabilité de n’avoir pas su les protéger, et son incapacité à consoler les parents de ces enfants. Comment s’en remet-on comme parents, comme couple, comme famille ? Ce jeune homme avait-il un lien avec la famille, avait-il une histoire traumatique, et que réglait-il comme compte, comme dette, à travers ces infanticides ? La Justice parlerait de mobiles, la psychologie parlerait de motivations, de surdéterminations. «Et que fait l’Etat dans tout cela ?», entend-on souvent.
Le mariage, la dot et les dettes
Il ne s’agit pas d’expliquer, mais de contextualiser certains passages à l’acte dans une dynamique d’exaspération généralisée en sachant qu’il y aura toujours le «Oui, quand même !». Prenons le rapport aux dettes, dont la dot fait partie : tout meurtre devient alors une effraction si grave que c’est la viabilité de la grande famille qui est en jeu. Au sens strict, «les familles marient leurs enfants», avec des rituels qui laissent peu d’autonomie aux concernés (à commencer par la liste de la dot vérifiée point par point, aux risques d’annulation). On a beau se sentir prêts affectivement à passer de l’amitié, du concubinage à la demande en mariage (une affaire masculine avant tout), encore faut-il être prêt pour la dot dont la liste est donnée par la famille de la fille, après le « toquer porte ». Les liens d’alliance se nouent entre deux familles, avant de l’être entre deux personnes qui formeront un couple (avec l’obsession de « sera-t-il / elle accepté(e) dans ma famille ?»). Même lorsque la fille ou le garçon, doit répondre lors du mariage coutumier: « Oui, papa, je veux que tu manges la cola…je veux que tu boives ce vin… ». Le rituel «prouve chimiquement » que la boisson mélangée et bue, et la cola mangée ne pourront plus revenir à leur état initial : métaphore du «vous ne formez plus qu’un seul et même être », et donc « inséparables » alors que le quotidien restera marqué par le «chacun a sa place…chacun à sa place », dans des rôles irréversibles, non interchangeables, et surtout, «la femme au service… de l’homme». Faute de penser l’altérité et l’unité de soi, on parlera de « complémentarité », là où l’expérience quotidienne mettra en exergue, l’incomplétude de chaque membre du couple, en tant qu’identité en souffrance, et cherchant en l’autre de quoi soigner les parties malades de soi. A travers la question sans réponse : « qu’est-ce qu’un homme…une femme… » ? Le mari reproduira à son tour l’emprise de sa belle-famille, en rappelant sans cesse à sa femme la lourde dot exigée : l’épouse devenant «un bien parmi d’autres», dont la valeur dépend du nombre d’années d’études payées et du statut de ses géniteurs et de tous les ayant-droit à la dot. Et comme «la dot ne finit jamais…» (Menant parfois à des crédits sur plusieurs années), la dette infinie s’inscrit dans la vie du couple, comme elle s’inscrit dans le social global, par le fil conducteur de l’endettement (moral et matériel). Se marier devient être redevable et les devoirs de la femme envers son mari, en sont des signes. En cas de mort d’une femme, ses obsèques n’auront lieu qu’après vérification de la dot versée. Aux dettes matérielles s’ajoutent des dettes morales infinies (Ndo et autres malédictions), qui serviront à interpréter tout retard de grossesse, toute grossesse avortée, toute maladie, tout blocage scolaire, ou toute mort d’enfant. Mais aussi, toutes les relations sociales (voire de citoyen). L’appartenance des enfants suit celle de la dot payée ou non (signe que les enfants sont eux-mêmes la première dette de la femme). En famille patriarcale, les enfants appartiennent à la famille du mari, même si le système de nomination, en système bilinéaire, conduit à nommer dans la famille de la mère également. Dans les deux cas, l’enfant est une réincarnation d’un grand-père, d’un oncle, d’une grand’ mère, etc. C’est donc cet ancêtre qu’on tue en cas de meurtre d’enfant, ou de suicide.
La femme se sent redevable en tout cas, et seules les maternités multiples allègeront son fardeau : au fur et à mesure du nombre d’enfants, elle devient plus mère qu’épouse. Et comme mère, elle ne cesse de rappeler à l’homme, voire le harceler, sur ses responsabilités de prise en charge de « SA famille ». Et si la femme doit « donner des enfants » à la famille, ce sera une lourde honte pour l’homme qui ne serait pas fécond, car il est entendu que la femme est « réceptrice » et c’est « l’homme qui donne les enfants à la femme »(spermatozoïde et ovule en rivalité). En même temps, la procréation n’est pas une affaire génétique, mais « une décision divine », c’est aussi l’œuvre de Dieu qu’on élimine en cas de suicide ou de meurtre (en tout cas, « quelqu’un à notre image…à l’image de Dieu… »). Quitte à se retrouver en contradiction avec « Dieu fait chaque chose, bonne en son temps ». Encore une fois, voici l’être en conflit, en tension, avec les divers repères de ses choix. La vie du couple (qui aurait dû être « un cocon ») se vit sous cette Epée de Damoclès du regard des familles et des divinités. Le mariage civil reprend la même logique : par le poids de la parole donnée et la problématique de la honte. Il se fera analogiquement, sur le même modèle (« Si, dans la salle, quelqu’un s’oppose… », Alors qu’il y a eu le dépôt des bans pendant un mois minimum). Le Maire, en posture parentale, dicte les règles, de la manière la plus conformiste et patriarcale qui soit, ordonnant qui, en tant que mâle, est le Chef de famille, auquel «la femme doit obéissance… soumission… celui qui aura le dernier mot dans toutes les décisions à prendre…». Ce dont se sert l’homme pour exercer son autorité sur la femme, comme sur l’enfant (personnes de devoirs d’avantage que de droits), sous les formes qu’il décidera (paroles, punitions, agressions, etc.). Quitte à déplacer sur eux, ses rivalités et ses frustrations professionnelles (dont une éventuelle disqualification). Dans une nouvelle perspective où la femme se voudrait de moins en moins « mère au foyer…ménagère… », comment envisager la soumission de Madame LA Ministre, la Doyenne d’une Université, La Directrice Générale d’une grand entreprise, etc,(avec l’autorité qui va avec ces fonctions) lorsqu’elle rentre chez elle ? Que déplace-t-on de cette soumission à l’homme et au mari, lorsqu’on traite sa bonne ou l’homme à tout faire de la maison, comme un(e) esclave ? Et quel conflit interne chez la femme musulmane qui n’est plus enfermée dans son gynécée, et qui sort, en veillant à ne pas mettre du parfum et en portant son voile, pour éviter tout regard masculin érotisé ?

Les lois du mariage insistent sur le «devoir conjugal… la fidélité…», à partir du consensus intériorisé par les femmes elles-mêmes, que «l’homme ne peut pas être fidèle…, a plus de besoins sexuels que la femme…ne peut pas être monogame…». La fidélité et le devoir conjugal (chaque fois que l’homme le veut) s’imposent donc à la femme avant tout, au prix du silence et de la résignation, parfois de douleurs tues, et d’absence de plaisir, aux risques de subir les violences «légitimes» du mari (son « droit de la punir »). La « fidélité » n’est pas liée à la promesse faite à soi-même et au partenaire, en le/la choisissant, mais au corps sexué de la femme dédié au plaisir de l’homme et à la reproduction biologique. Du coup, c’est par l’injonction «il faut supporter, ma fille… toutes les femmes vivent ça…» que la femme trompée, violentée, se refuse à fuir le domicile (quand le mari blessé dans son orgueil ne la poursuit pas jusque dans son refuge, pour se venger sur elle ou sur ses enfants). Ce n’est pas son image, encore moins sa dignité, qui compte, mais son statut, lui-même conditionné par sa biologie et sa physiologie (son inégalité, son infériorité). Le mariage religieux, chrétien ou musulman, est encore plus explicite et injonctif : la soumission de la femme y est «du même ordre que celle que l’homme doit à Dieu». Le «voulez-vous prendre pour épouse…» se trouve ainsi déjà contraint par la hiérarchie des discours, l’indissolubilité du lien, et « la dot qu’on ne rembourse pas … les enfants qui font partie des biens… ». «Jusqu’à ce que la mort nous sépare…». Mort naturelle (maladie, accident…), suicide, meurtre, mystique. Chaque tension, chaque divergence, chaque mort, réactivent ce «tu m’appartiens», obligeant la femme au silence ou au désir de vengeance. Au point que le culturel soupçonnera l’épouse ou la belle famille d’être responsable de la mort, même naturelle, d’un mari : d’où les épreuves (au sens fort du terme) de veuvage consécutives aux obsèques, ou les palabres préalables (avec procès et réconciliation) entre les belles familles, avant l’inhumation du corps. Or les institutions traditionnelles et religieuses imposent l’indissolubilité du mariage quand le Code civil autorise le divorce. A qui obéir, dans cette ambivalence et de quel droit ? Dans une société où la majorité sexuelle (et l’autorisation du mariage, acte fondamental dans le parcours d’un garçon ou d’une fille), est de 15 ans pour les filles, 18 ans pour les garçons, quand il faut attendre 21 ans pour voter et décider du modèle sociétal et politique de son choix. Alors qu’on parle de « sexualité précoce » chez les ados, on marie de force une fille de 12 ans à un polygame de 60 ans, tout en voulant lutter contre la pédophilie (avec des hommes de 50 ans devant les collèges, pour appâter les petites filles avec les grosses bagnoles). On mutile sexuellement une petite fille (excision, infibulation), pour l’éloigner du désir et du plaisir sexuels, et la contraindre aux seuls rôles maternels. Amour et haine, deux faces de la même médaille : cette fille devenue femme méprisera sa mère, tout en découvrant les mêmes chaînes d’identifications morbides par lesquelles celle-ci est aussi passée. L’inventivité camerounaise a ajouté comme concept, à côté des MST (maladies sexuellement transmissibles), les NST (notes sexuellement transmissibles) : lorsque les résultats académiques fluctuent suivant que l’étudiante accepte ou non de « donner sa part » (donc son corps à tel enseignant. Autorités éducatives et religieuses condamnent le viol, la pédophilie et l’homosexualité, mais sont les premiers à les pratiquer sur leurs élèves (garçons et filles): le « faire ce que je dis, mais pas ce que je fais », comme anti-modèles. Les écoles confessionnelles catholiques font plus objets de scandales, en ce sens, que le public. Pendant qu’on prend en flagrant délit, des « Pasteurs » trafiquants d’enfants. Voici quelques facteurs qui mettent en ambivalence, voire en double contrainte, le devoir de loyauté face aux contradictions des diverses institutions qui gèrent la vie du citoyen. Une femme reste à vie «l‘épouse» de son premier homme et donc de la famille qui l’a épousée (même lorsqu’elle aura fait des enfants avec un autre homme) et sera enterrée chez le premier père de ses enfants. Une veuve sera épousée avec ou sans son consentement par un beau-frère à la mort de son mari (lévirat), pied de nez à l’interdit de l’inceste, que Françoise Héritier appelait « inceste de deuxième type ». D’interdite comme belle-sœur, ou comme épouse du père, elle devient sexuellement permise comme veuve pour le fils héritier (sauf sa mère) ou le frère du mari. De quoi alimenter des problématiques de désir de mort dans les structures familiales africaines, plus ou moins refoulées. De quoi reconnaître d’autres figures de mort dans les familles. Comme le couple ou la famille où la « chaleur du foyer » s’est éteinte depuis longtemps (haine et violence, indifférence). Celle où une fille aînée, parentalisée, va devoir « se vendre » (en prostitution ou auprès d’ « un grand ») pour nourrir ses cadets. Celle où la fille incestée, a soustrait sa mère de sa place d’épouse, ou vit en polygynie avec celle-ci, comme co-épouse, avec ou sans enfants (fils et petits-fils du père, vivants ou enterrés secrètement). Celle où l’enfant placé auprès d’une tante, devient l’objet sexuel de son oncle (viol et inceste). Là où un homme, se sent déchu de sa posture de Chef de famille, du fait du chômage. Celle où telle mère doit trimer seule (famille monoparentale), pour nourrir, vêtir, scolariser, soigner ses enfants. Celle où l’épouse ou le mari « fait des enfants dehors…n’importe comment… ». Ou en polygamie, dans une fratrie de même mère, les pères sont différents (« 4 enfants avec 3 pères », parfois apparentés au père officiel, avec les moqueries et le mépris de l’entourage, ou les secrets tenaces), voire des sexualités intrafamiliales entre demi-frères et demi-sœurs. Il y a mort du couple ou de la famille chaque fois qu’il y a risque de confusion des repères identitaires, avec les traumatismes que l’on observe très souvent, très tardivement quelques fois. Les violences (morales, psychologiques, physiques ) et les meurtres actés s’offrent comme les conséquences inéluctables de ces configurations familiales où être fils de…, père de…mère de…oncle, etc, ne sont plus des signifiants suffisamment opératoires psychiquement ou spirituellement (« Ce n’est pas facile d’être mari… d’être épouse…mère… »). Autant de figures d’Œdipe non résolues.
Nos cultures nous inculquent que «La mort peut venir à tous moments… c’est Dieu qui décide du jour et de l’heure…» (Déplaçant le curseur vers la mort qu’on doit intégrer comme « faisant partie de la vie »), en refoulant celle dont on serait l’acteur : le suicidé est «enterré» sans les rituels habituels dédiés aux morts qu’on honore. Or une dépression, une pression sociale ou professionnelle, peuvent conduire au suicide ; une psychose hallucinatoire, à entendre une voix à laquelle on ne peut désobéir, poussant au meurtre ou au suicide. Le suicidé japonais (kamikaze) était loué, admiré, pour son acte héroïque (ne pas se laisser prendre et tuer par l’ennemi, ou se punir de ses incompétences), comme le soldat revenant de guerre en ayant tué le plus d’ennemis possibles, et décoré « au nom de la Nation…, de la Patrie …». Dans un cas, peut-être une culpabilité consciente ou un « acte de lâcheté », ou la revendication d’un droit ; dans l’autre, le poids du politique, du culturel et du religieux, avec la honte qui l’accompagne. Dans tous les cas, pour les survivants, de nouveaux traumatismes s’ajoutent aux anciens, faute de ressources multiformes pour s’en dégager.
Professeur Fotso Djemo
Psychologue – psychanalyste










