Journée mondiale du cacao : Douala au cœur des enjeux du cacao durable et de la préservation des forêts

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À l’occasion de la Journée mondiale du cacao célébrée jeudi dernier, l’hôtel Diamond de Douala a abrité un atelier stratégique consacré à l’évaluation et à la durabilité de la filière cacaoyère au Cameroun. Une rencontre initiée par le WWF Cameroun qui a réuni pouvoirs publics, experts et producteurs autour d’un défi majeur : concilier performance économique et protection de l’environnement.

C’est un constat partagé par l’ensemble des acteurs réunis ce jeudi 1er octobre 2026 dans la capitale économique : l’or brun n’est plus une simple matière première commercialisable. Il est devenu un enjeu économique majeur et un levier politique de premier ordre. Organisé avec l’appui de l’association WWF Cameroun, cet atelier bilan des 30 septembre et 1er octobre a rassemblé un parterre de personnalités, parmi lesquelles le représentant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), des organisations du secteur privé ainsi que de nombreux producteurs venus du Littoral et d’ailleurs.

Au centre des échanges : la nécessité absolue de bâtir une alliance solide entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les planteurs afin de promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de la biodiversité, tout en se conformant aux nouvelles exigences du Règlement européen contre la déforestation (RDUE).

Agroforesterie : produire plus sans détruire la forêt

Pour le WWF Cameroun, la culture du cacao demeure le poumon financier de milliers de familles rurales. Mais son avenir ne pourra s’inscrire que dans la durabilité. « Le cacao n’est pas qu’une ressource économique, il est aussi le gardien de nos forêts, de nos communautés et de notre avenir commun. Ensemble, faisons du cacao durable le moteur d’un développement harmonieux entre l’humain et la nature », a martelé Alain Bernard Ononino, responsable du cacao pour le WWF au Cameroun.

Alors que la culture cacaoyère s’épanouit exclusivement en zone forestière, une question cruciale s’impose : comment accroître la rentabilité sans détruire le couvert végétal ? Pour les experts présents, la réponse passe par des modèles novateurs. L’agroforesterie et la gestion raisonnée des sols émergent comme des solutions concrètes permettant d’associer arbres d’ombrage et cacaoyers, démontrant ainsi qu’il est possible de produire de l’or brun tout en préservant la forêt patrimoniale.

L’encadrement de proximité pour viser l’excellence

Outre la dimension environnementale, la quête de la qualité reste un pilier central pour la compétitivité du cacao camerounais. Selon le délégué régional du MINADER pour le Littoral, la transformation de la filière nécessite un retour aux fondamentaux du terrain. « Cette culture a joué un grand rôle depuis nos indépendances dans l’économie de notre pays. Il est temps de prendre du recul. Le cacao de qualité commence au champ : il faut un encadrement de proximité, former les producteurs, les accompagner sur les bonnes techniques, maîtriser la fermentation et réussir le séchage », a-t-il précisé.

Sur le terrain, les planteurs mesurent pleinement la responsabilité qui leur incombe. Conscient des enjeux environnementaux et sanitaires, Anatole Mfomo, producteur d’or brun, témoigne : « Nous devons préserver la nature, éviter l’abattage systématique des arbres et bien entretenir nos plantations par la taille. Concernant les traitements phytosanitaires, il faut savoir quel produit appliquer. Le cacao est un produit de consommation ; utiliser des produits inappropriés causerait de graves dégâts sur la santé. »

Un savoir-faire local mis en vitrine

En marge des réflexions théoriques et des ateliers sur le renforcement des capacités, l’événement a également fait la part belle aux réalisations pratiques. Différentes coopératives ont dressé leurs stands dans l’enceinte de l’hôtel Diamond pour exposer les dérivés du cacao local. Ces espaces d’échanges directs entre producteurs et visiteurs ont permis de valoriser la transformation locale et de prouver que le cacao camerounais possède toutes les cartes en main pour s’imposer sur la scène internationale comme un modèle de qualité et de durabilité.

Lisa Youmssi (Glob’Media)

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